Parti politique

Par Mercredi 3 août 2016 Permalink 3

Le parti politique traditionnel, celui qu’on nommait jusqu’à présent parti de gouvernement a diamétralement changé de fonction. Si au XXe siècle, son rôle était de faire remonter les aspirations de sa base électorale vers le pouvoir, depuis les années 90, le parti politique s’attache à tenter de faire comprendre à son électorat les décisions prises sans lui, d’en haut, en espérant qu’il agrée mais sans en faire une condition sine qua non.

La crise démocratique devient alors inéluctable. Le clivage droite gauche s’estompe automatiquement puisque le parti représente un pouvoir déconnecté de sa base aux cadres issus du même milieu social, indifférent à la volonté populaire et mené par des idées s’uniformisant de plus en plus qui sont la mondialisation, l’Union Européenne à la sauce ultra libérale économiquement et sociétalement, l’€, la lutte contre les souverainistes de tout poil, la guerre au moyen orient et en Afrique à des gens qui ne nous demandaient rien, etc, etc… Donc le parti politique traditionnel ignore le peuple et impose son point de vue. Si la nature n’avait pas horreur du vide, la glorieuse démocratie occidentale serait en voie de devenir une piteuse dictature occidentale déguisée par des élections sans enjeu idéologique.

Mais heureusement, la naissance de partis politiques alternatifs partout en occident comble le vide sidéral laissé par les autres qui ont trouvé un adjectif pour les stigmatiser, populiste. Le mot est intéressant car ils avouent eux-mêmes leur ligne politique qui serait supérieur parce qu’elle n’est pas issue du peuple. Le mépris pour celui-ci ne se cache plus! Ce qui vient du peuple est forcément indigne d’attention, vulgaire, inconséquent! Aussi les masses se rebellent et se tournent vers le Front National, Alternative fur Deutschland, Podemos, Syriza ou Donald Trump. Elles répondent non, comme lors du Brexit, à chaque demande de la nomenklatura devinant le piège qui les enfermera encore dans cette impasse qui ruine la classe moyenne et enrichit éhontément les caciques.

Le parti politique traditionnel disparaîtra obligatoirement si l’Occident reste dans le cadre institutionnel démocratique. Le peuple ayant de moins à moins à perdre tentera sa chance avec ceux qui n’ont pas peur de relayer sa volonté. Mais la possibilité existe de voir nos régimes se transformer. Indéniablement l’UE avec ses commissaires, son Eurogroupe, sa banque centrale avance masquer vers une dictature des technocrates.

Frédéric Le Quer