Par qui sont payés les casseurs?

Par Jeudi 16 juin 2016 Permalink 4

Ou, à qui profite le crime? De tout temps, les partis politiques ont utilisé et payé des casseurs pour discréditer telle ou telle cause. Business as usual, pourrait-on dire! Dorénavant tout le monde s’émeut d’un morceau de trottoir cassé, de vitrines brisées, de projectiles lancés, de tags dessinés. Les médias montent le phénomène en épingle. Les professionnels de l’indignation sont de sortie pour l’occasion.

La loi travail et l’inversion des normes est, quoiqu’on en dise, un bouleversement majeur. L’Union Européenne s’acharne à organiser la course au moins-disant social. Le gouvernement, le petit doigt sur la couture du pantalon, s’exécute. Mais, malgré le bourrage de crâne des journalistes, le peuple, aidé par les secrétaires de la CGT et de FO, a compris de quoi il retournait et se sent globalement solidaire avec le mouvement tendant à supprimer la loi. Crime de lèse majesté: le MEDEF, le gouvernement et Les Républicains se dressent sur leurs ergots.

Balayons immédiatement le parti de Nicolas Sarkozy qui n’a aucune raison valable de payer vingt ou trente mille euros à des groupuscules d’extrême gauche pour aider le gouvernement socialiste. En ce qui concerne le MEDEF, la force que la loi donne au patron est une opportunité que seul des socialistes pouvaient lui offrir. Si elle saute, plus personne n’osera jamais la représenter. C’est un one shot et le tir doit faire mouche…

Le gouvernement avec ses services secrets peut tout aussi bien organiser machiavéliquement les débordements. Une petite enveloppe à un groupuscule et le tour est joué. Le climat de tension est créé, les syndicats prônant les manifestations sont mis en accusation par une presse aux ordres. Le débat se déplace non plus sur le fond mais sur la forme de la contestation. On fait croire que les manifestants sont peanuts, à chaque fois on nous dit que leur nombre diminue, pour décrédibiliser la parole de Mailly et Martinez. Surtout pour bien lancer la violence, le ministère de l’Intérieur refuse de donner aux CRS les ordres nécessaires pour faire vite rentrer les casseurs à la maison et les policiers deviennent de la chair à canon qui remplit les hôpitaux suite aux attaques qu’ils subissent sans avoir le droit de broncher. A leur corps défendant, ils constituent des blessés utiles…

Un chose est certaine: les casseurs ne tombent pas du ciel, les casseurs sont tout à fait identifiables, les casseurs servent actuellement la cause du projet de loi gouvernemental. Interdire les manifestations, c’est interdire la contestation démocratique. Décidément tous les fascismes ont comme socle idéologique le socialisme!

Frédéric Le Quer