Orwell 2015

Par Mercredi 31 décembre 2014 Permalink 11

« La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. » C’est une phrase du journal de Winston dans 1984 d’Orwell. L’évidence est devenue en 2014 intolérable au système. Dite sur la toile elle est encore acceptée pour quelques temps, ailleurs elle est réprimée avec rigueur quand elle n’est pas en harmonie avec le système politique entrain d’être mis en place.

Raconter la France, son histoire, son terroir est devenu subversif. Pourtant certains programmes de télévision se complaisent dans ce genre de reportage alibi tendant à démontrer que la culture populaire reste une priorité. Mais ça sent la naphtaline! Ça sonne faux! Ce n’est plus tout à fait le réel, juste comme un conte pour enfants. Le présent est dorénavant arrangé. Pour le passé, ça commence, avec par exemple François Hollande qui cherche à le dénigrer ( les trente glorieuses dans ce cas ) pour louer le présent, sa gouvernance…

« S’il y a un espoir, il est chez les prolétaires. » Le héros de Georges Orwell se raccroche à cette attente. La classe la plus défavorisée serait prête à se révolter contre les conditions de vie qu’elle subit. Seulement en France, maintenant, cette catégorie de population est laissée la tête hors de l’eau au prix du pourrissement des finances publiques. La paix sociale est achetée, juste assez, pour éviter les révoltes.

Quand une erreur de jugement est faite ( comment n’y en aurait-il pas de la part de dirigeants ignorants tout des gens qu’ils gouvernent?), un revirement aussitôt s’organise afin d’assagir les troublions. Les bonnets rouges, au mépris des considérations écologiques tant mises en avant, les lacs artificiels ou les aéroports, venus, eux, de prises de décisions hégémoniques et bêtes sont de belles illustrations de reculades en rase campagne.

La complexité du système actuel, l’incompréhension dont il est l’objet, risque de l’autoriser à nier les évidences, avec toute la mauvaise foi dont il est capable, encore quelques temps. Les classes populaires ne seront les artisans du changement que si elles finissent par ressentir leur existence par trop dégradée. De fortes injustices en Grèce, en Espagne, au Portugal et même en Italie pourraient devenir le terreau de la révolte. D’autant plus que les dés de Mario Draghi sont pipés: son pouvoir semble de plus en plus nettement restreint par des pays européens qui ne voient pas ses engagements d’un bon œil…

Frédéric Le Quer