Opération sentinelle

Par Jeudi 10 août 2017 Permalink 1

Quand on les croisait au début dans les petites rues parisiennes, deux marchant sur un trottoir et deux autres allant dans le même sens sur le trottoir d’en face, en tenue de combat, le pistolet mitrailleur en bandoulière, les militaires de l’opération sentinelle créaient indéniablement un climat anxiogène. Il n’est pas question de leur reprocher; ce sont des soldats. Avec le temps, les citadins s’y sont habitués. Plus ou moins pressé, le badaud les bousculerait presque en se faufilant vers ses occupations. Ils font maintenant partie des meubles, comme une colonne Morris, une bouche de métro, un arrêt de bus!

La question reste de savoir s’ils sont utiles à contrer le terrorisme islamiste ou au moins à rassurer les citoyens. La deuxième interrogation est bien sûr en trop. Le citoyen ne sera réellement rassurer que si le terrorisme s’arrête. Mais dans notre société du mensonge, les faits n’ont aujourd’hui pas d’importance et seule compte la perception que l’on en a. La mission des militaires de l’opération sentinelle n’est pas plus rassurante que ça. Elle est capée par son manque de résultat. Pire tout le monde s’accorde à dire que ces jeunes sont devenus une cible au lieu d’être une menace envers les tueurs. Donc ils ne rassurent guère, représentent potentiellement des points de crispation dans la cité et n’ont pas démontré leur efficacité.

En fait, ces courageux soldats pallient la lâcheté de nos dirigeants. Le problème du terrorisme islamiste se situe bien en amont des trottoirs des grandes villes. Hier encore, le terroriste était un algérien en situation irrégulière qui n’avait rien à faire chez nous. Le refus de contrôler nos frontières est une cause de la mort des français. En amont de ça encore, qu’avons nous à faire à déstabiliser l’Irak, la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, que sais-je encore, pays bien souvent laïcs avant que nous venions y mettre le bordel? Poser la question, c’est y répondre.

L’opération sentinelle ressemble à un cautère sur une jambe de bois. Pour véritablement rassurer les citoyens, il faut stopper la gangrène et changer de politique. Nos dirigeants s’y refusent préférant se mettre à la solde des intérêts états-uniens. Faire la guerre un peu partout dans le monde est leur credo. Tant que cela ne changera pas, les français resteront des cibles.

Frédéric Le Quer