Omerta: la seule loi qui compte en France

Par Jeudi 2 février 2017 Permalink 4

Une relation mafieuse lie-t-elle les parlementaires français entre eux? L’omerta est-elle la règle quand on se fait pincer? Ce sont les questions que les citoyens sont dorénavant en droit de se poser compte tenu de la multiplicité des cas d’indélicatesse qui à chaque fois font apparaître des défenses de la part des politiciens incriminés totalement ineptes.

En effet de Cahuzac à Fillon, en passant par tous les faits divers qui ont émaillé les dix dernières années, ces hommes ont nié en bloc les accusations qui pesaient contre eux, ont émis des mensonges si facilement vérifiables qu’un enfant s’y serait mieux pris pour se dédouaner. Pourquoi cette stratégie simpliste de la part de gens incontestablement intelligents? Quand ils sont pris la main dans le pot de confiture leur lucidité semble disparaître. Ils encaissent plutôt bien pour la plupart mais sont tous incapables de rendre le moindre coup. Cahuzac par exemple, ex ministre de budget sait tout de ses collègues parlementaires, Fillon ex premier ministre, encore plus vraisemblablement. Rien de ce qui est politique ne leur est étranger, pourrait-on dire en paraphrasant Rabelais.

Mais jamais ils ne répliquent sérieusement. Cahuzac aurait pu il y a quatre ans, dévoiler les magouilles de Fillon ou d’autres mais il n’a rien dit. Fillon pourrait aujourd’hui trahir les vilains petits secrets de ses collègues, histoire de contre-attaquer, histoire de relativiser ces actes, histoire de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière. Il se tait résolument. Qu’en déduire sinon qu’ils ont peur? Qu’en déduire sinon qu’ils ont approuvé, tacitement surement, un pacte méphistophélique les faisant jurer de garder leurs secrets sur leurs collègues quoi qu’il advienne?

L’omerta qui règne, montre la déliquescence de notre démocratie. « Prends l’oseille et tais-toi », voilà la loi qui, dans nos institutions, est désormais au dessus de toutes les autres sous peine de…

Frédéric Le Quer