Odetta, le haut de gamme de la faïence de Quimper

Par Dimanche 23 août 2015 Permalink 12

La faïence quimpéroise s’est particulièrement renouvelée pendant l’époque art-déco. La manufacture HB, pour Hubaudière-Bousquet, rachetée en 1914 par l’industriel Jules Verlingue qui souhaite sortir la création des traditionnels personnages folkloriques, crée la ligne Odetta (Les ateliers de l’Odet) en 1922. Sous l’impulsion de René Quivillic, un style nouveau, souvent venu de l’abstraction géométrique, fait son apparition.C’est tout un vocabulaire ornemental qui s’invente sur des pièces pleines de modernité.

René Quivillic, né dans la baie d’Audierne, appartient à une famille de pêcheurs. Grâce à une bourse, il étudie aux Beaux Arts à Paris puis voyage en Afrique du nord et en Italie. Tout en restant sculpteur (aujourd’hui encore très apprécié puisque la statuette en bronze d’une femme de Plougastel de 74 cm de hauteur s’est vendue l’année dernière à Brest 16 335 €), il est chargé par Jules Verlingue de créer des sujets faïenciers nouveaux.

De grands artistes travaillent à ses cotés et on peut citer entre autres: Louis Garin (1888-1959) peintre autodidacte qui collabora dans cette aventure entre 1928 et 1938 mêle des personnages stylisés aux décors géométriques. Paul Fouillen, né à Lorient en 1899, arrivé à Quimper en 1921, formé à la manufacture sera récompensé d’une médaille d’argent à l’Exposition des arts décoratifs de Paris en 1925. Alphonse Chanteau (1874-1958), plus influencé par le symbolisme réalise des pièces originales pour la manufacture qui lui valent d’être médaillé à l’exposition coloniale de Paris.

L’aventure Odetta s’arrêta en 1940. Les grès sortis de ses ateliers sont  toujours très recherchés en salle des ventes. Par exemple, le vase ci-dessous, d’Alphonse Chanteau de 49 cm de hauteur a fait à Rennes en février dernier 10 920 €.

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Frédéric Le Quer