Obama et l’Iran

Par Mercredi 1 avril 2015 Permalink 18

L’accord qui se négocie à Lausanne a pour objet la levée des sanctions économiques contre l’Iran et en échange l’assurance que le pays ne cherchera pas à fabriquer l’arme nucléaire. Voici le thème officiel. Mais derrière se dessine un bouleversement des alliances recherché par Barack Obama que redoute tous les pays du golfe.

L’axe Washington, Riad, Le Caire, Tel Aviv est celui qui jusqu’à maintenant dominait les relations, était la clé pour analyser les nombreuses tensions régionales. Son remplacement par un axe Etats Unis-Iran se matérialiserait en cas de succès à Lausanne. Le monde sunnite avec à sa tête l’Arabie Saoudite est vent debout et les bombardements qui ont lieu au Yemen contre les rebelles chiites houthistes (chiites comme l’Iran) qui contrôlent une partie du pays, montre sa détermination. Israël, aussi, par la voix de Benjamin Netanyahu, assure  ne pas croire en la sincérité iranienne et déclare que l’accord laisserait le champ libre à l’Iran pour se doter de la bombe atomique. C’est de sa sécurité dont il est ici question.

Mais Obama souhaite en fin de mandat un rapprochement avec l’Iran comme son pays l’a connu dans les années 70 avec la Chine. Le président des Etats Unis semble se lasser des querelles picrocholines entre sunnites qui déstabilisent le monde entier. L’iran serait bien utile pour se débarrasser de l’Etat Islamique ou de Bachar el Assad. La guerre des prix pétroliers avec l’Arabie Saoudite qui mine le secteur aux Etats Unis participe à cette tentative de changement d’alliance.

Les négociations vont donc forcément reprendre puisque les USA ont envie de les voir aboutir comme l’Iran où les élections approchent. La France très rétive est en ce moment la meilleure alliée d’Israël. Quant au proche orient, à feu et à sang, il continue d’exporter ses dissensions sibyllines, ses querelles ancestrales, ses guerres sans fin, dans le monde entier parce que son sol est détenteur d’un trésor indispensable, le pétrole!

Frédéric Le Quer