Nicolas Sarkozy ou l’artificiel clivage

Par Mercredi 7 octobre 2015 Permalink 15

Le positionnement de Nicolas Sarkozy à la tête des Républicains montre à quel point la fracture entre le Parti Socialiste et lui est mince. Chacun des deux camps monte en épingle de vagues divergences afin de se différencier, se montent le chou artificiellement sur un mot ou une phrase, mais rien n’y fait. Les français voient bien que le clivage est , on ne peut plus vague, et que l’alternance, de ce coté, ne mènera pas bien loin.

Le chef de l’opposition a dû hier parler de chienlit pour finir par exciter Manuel Valls à propos de Air France. Vraiment, chienlit, c’est pas beau de dire ça, a dit le premier ministre toujours très colérique à l’Assemblée Nationale. Et après? S’interrogera l’électeur désarçonné. Ils sont totalement d’accord pour vilipender les manifestants, tous les deux pensent que la lutte des classes n’est pas une proposition politique dans le contexte actuel et ils soutiennent à l’unisson les dirigeants du groupe. Cette dernière séquence n’est qu’un exemple, sur tous les sujets, leur point de vue ne diffère qu’au niveau du vocabulaire employé ou au mieux au niveau du degré de réforme, c’est à dire pousser plus ou moins loin une proposition politique.

Mais Nicolas Sarkozy en tant que leader du parti de la fausse opposition n’a pas d’autres choix. Il doit compter sur l’adversaire qui réciproquement compte aussi sur lui pour se différencier, pour prouver qu’il y a opposition car, fondamentalement, la convergence de vue sur l’économie, sur la politique étrangère est frappante. Europe, Proche Orient, Afrique, rien ne les sépare. Par exemple,  tous les deux ont décidé de faire allégeance aux sunnites parce que la très grande majorité des immigrés le sont et les banlieues qu’on le veuille ou non dictent dorénavant la politique française dans cette région, et parce que tous les deux acceptent avec enthousiasme les largesses financières des monarchies totalitaires du golfe. Une tyrannie sunnite quand elle ne vient pas de l’Etat Islamique, c’est bien. Une tyrannie chiite, c’est mal.

Avec Alain Juppé, c’est pareil sauf qu’il n’est pas obligé de prendre la parole à propos de tout. C’est pareil, voire pire car il avoue que sa différence avec le gouvernement socialiste réside dans un  confus problème byzantin résidant dans sa préférence allant à l’individu plutôt qu’au groupe… Pas certain que ce genre d’argutie philosophique ne règle jamais les multiples problèmes français!

Le seule clivage réel est celui entre les souverainistes et les mondialistes. Tous les autres débats n’existent que pour amuser la galerie et distraire les électeurs de l’essentiel. Les médias refusent de s’en faire l’écho mais inexorablement les français sont en train de saisir la nouvelle donne qui rend complètement caduque et ridicule les fausses disputes entre gens du même milieu qui pensent pareil.

Frédéric Le Quer