Nicolas Sarkozy a du mouron à se faire

Par Samedi 11 avril 2015 Permalink 10

Nicolas Sarkozy, qui fut élu président de la république en 2007, ne rêve que de rééditer cet exploit. La tactique de l’époque avait été de siphonner les voix souverainistes se portant vers J. M. Le Pen en promettant ce qu’il savait ne jamais tenir, c’est à dire une politique de l’immigration rigoureuse, une politique étrangère indépendante et une politique intérieure plus sévère envers les délinquants.

S’il cherche actuellement une ligne directrice, après avoir dit aux électeurs des départementales, « votez UMP, pour le programme, on verra plus tard », il se sent déjà au deuxième tour des présidentielles. Ses flèches sont essentiellement dirigées contre le Front National et ses critiques du Parti Socialiste ont un coté convenu qui ne trompe pas. Il veut cette fois récupérer les voix de gauche au deuxième tour qui lui seront nécessaires pour accéder au pouvoir. Il sait que François Hollande est définitivement hors course malgré l’écran de fumée diffusé par les médias tentant de faire croire à ses chances. Si les barons locaux socialistes se sont faits laminer, au niveau national la déculottée ne peut être qu’accentuée.

Mais le Front National est en train de quitter les extrêmes, pour recourir à une voie idéologique dont le seul marquage est le souverainisme. Le départ du chef historique plus trublion qu’homme d’état permettra à ce parti d’avoir la respectabilité qui lui manquait. Débarrassé de ses relents nauséeux, les électeurs UMP vont vite s’apercevoir que le programme de Marine Le Pen ressemble à celui du RPR des années 80-90, en tout cas des souverainistes de ce parti. Il faut donc s’attendre à ce qu’ils se tournent vers elle car beaucoup d’entre eux ont été déçus par le quinquennat de Nicolas Sarkozy et après lui avoir voué une grande admiration le rejette avec autant d’excès.

En 2017, Nicolas Sarkozy compte sur la gauche pour remplacer F. Hollande. C’est un pari risqué car on ne voit pas très bien pourquoi les électeurs socialistes voudraient faire barrage à tout prix à un FN, qui ne pourrait plus être taxé d’anti républicain, pour le faire élire, lui. Ses attaques contre Marine Le Pen sonnent creux pour le moment et Alain Juppé semble mieux placé pour réunir une majorité UMPS contre la candidate du futur Front National.

Frédéric Le Quer