Netsuke

Par Dimanche 3 juillet 2016 Permalink 1

Le costume japonais ne reçoit aucune influence extérieure avant le IIIe siècle ap. JC. Il est alors de style “primitif” , simple de confection . A partir de 200 , la Corée exerce un poids important dans l’histoire japonaise faisant le relais entre le Japon et la civilisation chinoise en amenant bien sûr le Bouddhisme mais aussi en faisant évoluer les modes de vie de l’archipel avec un artisanat plus fin.

Le netsuke venu de Chine apparaît avant la période Edo qui s’ouvre au XVIIe siècle et qui marque le commencement de l’isolement du pays jusqu’en 1868. Le costume nippon s’élabore donc en autarcie et se détache progressivement des modèles coréens et chinois. Le kimono est serré par une ceinture (obi) de la largeur de la main. Une petite boite ou un sachet en tissus pendant à la ceinture appelés Sagemono remplacent les poches inexistantes. Une cordelette attachée au netsuke, grand de quelques centimètres coincé au dessus de l’obi, relie à l’autre bout la boite ou le sachet.

Si au départ le netsuke ne présente aucune recherche esthétique, les signes ostentatoires de richesse étant prohibés, il peut être un simple coquillage avec un trou au milieu pour nouer la cordelette, l’enrichissement d’une partie de la population va conduire petit à petit à façonner dans des matériaux précieux des petites sculptures originales, très variées et sans angle aigu pour ne pas abîmer le vêtement. Si le netsuke supporte des boites en laque (inro) il est léger, si c’est un sachet en tissus il est plus lourd. Le bois, la corne de cerf, l’ivoire marin ou d’éléphant sont utilisés.

Les netsuke, devenus des objets raffinés du quotidien représentent souvent des sujets gore tel le rat ou la tête de mort, ou des sujets moins clivants avec des petits singes, des chats ou des lapins. Tout ce qui est imaginable est possible et s’achète désormais dans les ventes aux enchères quelques centaines d’€ en fonction de l’ancienneté et de l’originalité du sujet. Ci-dessous le netsuke en bois représentant un masque de théâtre no de Hannya signé Shuzan, de la fin de l’époque Edo, milieu du XIXze siècle, H: 5 cm fit 478 € chez Lombrail Teucquam à La Varenne le 1er juin 2014.SAM_1553

Mais certains netsuke font grimper particulièrement les enchères. Les hollandais, seuls étrangers tenus éloignés dans une île mais dont la silhouette était connue, intriguaient tant que des netsuke les représentèrent. Ci-dessous d’éopoque Edo ce sagemono et son netsuke représentant un hollandais portant un petit chien atteignirent à Drouot chez Auction Art Rémy Le Fur le 21 février 2014, la jolie somme de 17360 €.SAM_1554

Enfin en une, un Hollandais portant un singe à une épaule (11 cm) en buis signé Joryu avec incrustation d’yeux en ivoire et corne brune et bouton du vêtement en ivoire empochait, le 12 juin 2013, 30 980 € chez Jean-Marc Delvaux svv.

Frédéric Le Quer