Multinationales, ces maîtres du monde

Par Samedi 6 décembre 2014 Permalink 43

A l’heure de l’échec (un de plus!) du pacte de responsabilité cher à François Hollande, à l’heure où le syndicat CGT est englué dans une affaire d’argent (dixième de l’iceberg vu?) ressemblant à un abus de biens sociaux, à l’heure où les syndicats ne représentent plus qu’eux-mêmes, les multinationales engrangent les profits, asservissent les peuples, s’imposent face aux états.

L’Union Européenne avec sa marche forcée vers la libéralisation est devenue l’outil indispensables aux grandes entreprises mondiales pour faire valoir leurs idées et leurs intérêts. L’organisme de règlement des différends entre les états et les multinationales qui devrait être mis en place suite à l’accord de libre échange entre l’Europe et les Etats Unis, qui se négocie à Bruxelles sans vrai mandat, risque d’amener à ce que les états se voient menacer de représailles financières si ils ne font pas ce que souhaitent les entreprises privées. Des indemnités sont mêmes prévues pour les sommes qu’elles auraient pu engranger et qu’elles n’ont pu gagner. Dors et déjà, l’Allemagne, par exemple, est poursuivie devant un tribunal pour avoir stopper le nucléaire parce que des entreprises du secteur avaient  projeté des profits qu’elles ne feront pas à cause de ce revirement!

Des capacités financières énormes mises au service d’un lobbying forcené influent sur un pouvoir politique renonçant à défendre le bien-être des citoyens. La presse, qui le surveille un peu, n’investigue pratiquement pas sur ces multinationales (et pour cause, elle est en leur main!)) qui avancent leur pions à l’abri du bruit médiatique.

Pourtant, si l’actionnariat est de plus en plus dilué, les multinationales gardent le plus souvent leur « nationalité ». Un soutien réciproque existe bien entre l’état et l’entreprise en terme d’aides publiques bien sur mais aussi diplomatiques, et d’aide à l’exportation. L’état n’hésite pas à leur alléger la fiscalité. A l’étranger ce sont parfois les droits sociaux qui sont revus à la baisse pour faire gagner l’entreprise en compétitivité.  Quant aux salariés, dans les multinationales françaises, ils peuvent représenter 70% de l’effectif comme chez Free ou 3% comme chez Air Liquide…

La mondialisation pose des problèmes démocratiques à tous les niveaux. Au lieu de jouer un rôle protecteur, l’état s’en remet à l’Union Européenne pour organiser ses futurs rapports avec les multinationales. A l’évidence, il en résultera, pour les salariés, de la souffrance au travail et un malaise social, pour les pays, une continuation de leur perte de souveraineté.

Frédéric Le Quer

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