Moralisation et mondialisation

Par Mercredi 31 mai 2017 Permalink 3

Il est de bon ton de moquer la moralisation de la vie politique. Pour passer pour un esprit fort, le sport à la mode est de s’en prendre aux pères la pudeur et de voir dans les conflits d’intérêt, les détournements de biens sociaux ou le népotisme, des broutilles sans conséquence. En se payant de mots, des figures tutélaires comme De Gaulle ou Churchill sont rappelés à la rescousse et servent à étayer le fait que même eux n’étaient pas exempt de reproches sans trop s’aventurer néanmoins dans cette direction!

La classe dirigeante servie par quelques journalistes veut le beurre et l’argent du beurre. Le beurre, c’est le statut qu’ils se sont eux-mêmes concoctés au sein du parlement, à nul autre pareil dans le monde professionnel, et qui les met à l’abri des difficultés financières longtemps après n’être plus rien. L’argent du beurre, ce sont les avantages que leur procure leur fonction vis à vis de l’extérieur, le trafic d’influence, la corruption, le donnant donnant au mépris de l’intérêt général. L’argent du beurre c’est le moyen de se faire le maximum de fric dans un minimum temps, c’est la cerise sur la gâteau, une bien belle cerise, bien rouge, bien juteuse, bien sucrée.

Ces hommes politiques réclament la mondialisation à corps et à cri mais refusent d’en payer les conséquences. Dans la mondialisation, la France et les pays du sud sont des suiveurs vivant sous perfusion de la BCE. Ils n’ont pas leur mot à dire. La règle à suivre est donc celle des protestants, luthériens souvent, austères rigoureux amoureux de l’argent certes mais effrayés par le vice. Il s’agit de globaliser, non seulement les échanges de marchandises ou d’êtres humains, mais aussi d’uniformiser les comportements. Pas question que les ministres français apparaissent comme des millionnaires devant leurs homologues suédois par exemple obligés de démissionner pour avoir acheté quelques friandises sur le compte de l’état. Nos édiles doivent se soumettre et la mondialisation ne sera pas pour eux non plus sans influence sur leurs magouilles bancable. Et c’est normal puisque, à l’échelle planétaire, la corruption peut entraîner le pire des désastres.

Ce n’est pas un hasard si Emmanuel Macron, le mondialiste par excellence, commence sa mandature par la moralisation de la vie politique. Dans ce domaine aussi, il se met au diapason des pays du nord, des vertueux, des donneurs de leçon. Après quelques grincements de dents, il s’agira certainement du chantier le moins controversé de son quinquennat.

Frédéric Le Quer