Mondialisation, l’excuse toute trouvée

Par Vendredi 25 septembre 2015 Permalink 21

La mondialisation est l’explication servie au peuple par les élites quand celles-ci montrent leur incapacité récurrente à transcender leur pays. Elle représente la cause systématique pour expliquer que rien n’est possible à l’échelle de la nation. La mondialisation est l’excuse des faibles.

Pour les Etats Unis, par exemple, la mondialisation est le meilleur moyen non pas de subir mais de répandre son modèle à travers le monde. Les rapports commerciaux entre les pays, pas si nouveaux que ça, d’ailleurs, puisque les échanges de grandes ampleurs à l’échelle internationale existent depuis la renaissance, sont le commencement de visées hégémoniques. Les anglo saxons imposent leur mode de vie sans avoir peur de heurter celui des autres, des déficients, qui reculent et laissent la place en s’éteignant doucement. Au cœur de l’Union Européenne, l’Allemagne assujettit ses soi-disant partenaires, et exige pour les autres pays une approche de l’économie et des finances identique à la sienne. La mondialisation pour la nation, c’est soumettre, c’est faire céder devant ses propres intérêts, c’est moquer et piétiner, modeler le mode de vie de ses voisins. Là encore, le fort impose ses vues quand les vaincus s’écrasent.

Mais quand ils s’écrasent justement, alors l’excuse toute trouvée à leur incompétence, celle qu’ils utilisent à l’envi pour éviter la rébellion de leur peuple est la mondialisation. C’est le grand mot interdisant tout et éclairant tout. L’ouverture des frontières, l’externalisation de l’industrie, la mise en concurrence des travailleurs, de leurs protections sociales, l’explication coule de source et se trouve dans la mondialisation. En même temps, le corollaire obligé, l’affirmation qui compense le reste est que la mondialisation est une chance. Une chance pour qui? La question n’a évidemment pas de réponse. Sans doute n’a-t-on jamais interrogé les plus de deux millions et demi de chômeurs de longues durées en France ni demander aux jeunes bac+5 qui vont de CDD en CDD ce qu’ils en pensent…

La mondialisation est l’écran de fumée procuré aux dominés pour qu’ils puissent avoir l’air de sauver la face. Quand les battus mettent leurs renoncements sur le compte de celle-ci, faisant ainsi semblant de croire à une égalité fictive, ce sont en fait des processes imposés par les vainqueurs qu’ils subissent. Quand des démissionnaires sont au pouvoir,avachis et la tête basse, ils sont débordés par ceux qui se battent. La mondialisation n’est alors qu’un mot pour dire défaite.

Frédéric Le Quer