Moins de 3% de déficit public en 2017

Par Mardi 23 août 2016 Permalink 1

En 2015 six états sur vingt huit dans l’Union Europeenne ont dépassé le seuil des 3% de déficit public. Il s’agit de la Grèce, 7,2%, de l’Espagne, 5,1%, du Portugal et du Royaume Uni, 4,4%, de la France, 3,5% et de la Croatie, 3,2%. À l’autre bout du spectre, sous les 3% de déficit, la Suède est à 0% et l’Allemagne à 0,7%. Le niveau moyen dans l’UE est à 2,4% du PIB, pour la zone € c’est 2,1%.

La France a repoussé déjà cinq fois son retour en deçà des 3% de déficit sur PIB. L’objectif était dans les 60 propositions de « moi président ». Sa crédibilité est nulle. L’annonce aujourd’hui de Manuel Valls à ce propos n’est qu’une bouffonnerie supplémentaire de la part d’un chef de gouvernement qui ne sera plus là à cette échéance. Mais ces derniers temps le gouvernement multiplie les promesses allant de fin 2017 à 2022! Son outrecuidance bat des records. La gestion de la dépense publique est lamentable.

La cour des comptes parle diplomatiquement de « fragilités majeures » concernant les perpectives françaises et ne croit pas une seconde en la réduction du déficit. Le gouvernement ne cesse dans la perspective des prochaines élections d’engager par clientélisme des dépenses nouvelles rendant même l’objectif 2016 de 3,2% de déficit sur PIB pratiquement inatteignable. L’Allemagne d’Angela Merkel un temps révolté contre ce laisser aller en a pris son parti mais freine du coup des deux pieds dès que le sujet sur davantage d’intégration européenne est abordé.

L’UE est dans une impasse. La question n’est pas de savoir si les 3% de déficit sont une bonne chose ou pas, vu que tant que Dragghi continuera à racheter de la dette souveraine à tour de bras, il n’y a aucun risque. Mais les dissensions fondamentales entre les états sont un facteur de dislocation aussi bien de l’UE que de la zone €. La politique de la BCE favorise actuellement outrageusement les pays cigales. Les pays fourmis en ont assez mais ont peur de renverser la table. Peur jusqu’où? Peur jusqu’à quand? La réponse sonnera le glas de l’organisation supra nationale, des banques, des économies du sud de l’Europe. C’est son aspect dévastateur qui retient pour la moment les pays du nord.

Frédéric Le Quer