Musique militaire

Par Jeudi 22 janvier 2015 Permalink 27

Quand, en 1996, Jacques Chirac annonce le passage à l’armée de métier et l’abandon du service militaire obligatoire, il justifie sa décision par le besoin de la mise en place d’une défense « plus efficace, plus moderne et moins coûteuse ». Un énorme non-dit se cache derrière cette affirmation bien lisse.

La plupart des individus, dans les années 90, est, au final, exemptée. Les services de renseignements constatent toutefois que les seuls incorporés viennent des banlieues sensibles. La hiérarchie militaire s’inquiète d’avoir à apprendre le maniement des armes et l’organisation de la grande muette à ces jeunes musulmans connus parfois pour leur passé de délinquant. La pression sur les gouvernements successifs de l’époque est telle, qu’ils finissent par trouver des raisons politiquement correctes pour suspendre l’appel sous les drapeaux pour tous.

La trahison des militaires français mettant leurs compétence au service de l’Etat Islamique, c’est-à-dire se servant de leur formation dans l’armée de la patrie pour tuer leurs anciens collègues, leurs vieux compagnons, leurs frères d’arme, donne du relief aux inquiétudes des officiers, il y a plus de vingt ans. L’affaire dénote plus qu’un long discours le galvaudage de la nationalité française, l’absence totale du sens de la citoyenneté, l’état de guerre intérieure larvé, prémices aux conflits interethniques à venir.

Les faits vont, comme de coutumes, être minimisés. François Hollande redécouvre les bienfaits de l’instruction civique, antienne régulièrement servie. Jean-Yves Le Drian, exécuteur des hautes œuvres de l’armée, continue de cacher les causes du grand malaise de la fonction militaire. Bernard Cazeneuve trouve toujours les racines chrétiennes de la France « nauséeuses ». Pendant ce temps l’Arabie Saoudite se protège de DAESCH, comme on dit en français, par la construction d’un mur de 900 kilomètres alors que l’espace européen appelé Schengen reste une passoire.

Frédéric Le Quer

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