Merkel vers la sortie?

Par Jeudi 22 octobre 2015 Permalink 17

Angela Merkel court le risque actuellement d’être remplacée par Wolfgang Schauble. Le ministre de l’économie espère ce moment depuis le commencement de sa carrière. Cette révolution de palais gronde à Berlin et à Munich. C’est pour l’instant le SPD allié pour gouverner avec la CDU qui est le meilleur soutien de la chancelière. (on pense qu’un jour immanquablement le PS deviendra le meilleur soutien de Juppé…)

La crise des migrants est le détonateur des ennuis de Merkel. L’Allemagne ouvre actuellement le grand débat sur les méfaits et les bienfaits de l’immigration. Concernant leurs analyses, ils ont un vingtaine d’année de retard avec des échanges beaucoup moins subtils et poussés qu’en France. En revanche, leur radicalité dans un sens comme dans l’autre témoigne de la psychologie allemande. La tournure binaire que prennent les choses est caractéristique d’une société en danger entrain de perdre sa cohésion.

La chancelière, adulée il y a encore peu de temps, par les deux tiers de la population après dix ans de pouvoir, devient la cible de critiques pour le moins catégoriques, telle  » Je pense que Mme Merkel est un criminel. Bien que sa place ne soit pas sur une potence, elle est probablement en prison. » (http://anti-merkel.blog.de/). Ces excès existent aussi dans le camp de ceux qui sont favorables à cette immigration débridée. Ce sont exactement les mêmes qu’en France, i e  le service public et les médias néolibéraux, soit la quasi totalité de ceux qui diffusent une information devant être reçue comme la bonne parole. Le tabloïd Bild par exemple traque sur Facebook les anti immigrationnistes et affiche leur photo en première page du journal!

La gauche radicale se fait discrète sur le sujet. A l’inverse de la nôtre, elle comprend le rôle déstabilisateur d’un afflux de mains d’oeuvre ayant vocation à se situer directement en concurrence avec le travailleur allemand. Pediga continue à prendre de l’ampleur et ses manifestations attirent de plus en plus de citoyens (http://politiqart.com/pegida/). Loin de faire dans la demi mesure, le mouvement islamophobe attire de jeunes allemands qui se radicalisent face à un pouvoir refusant de les entendre et qui ne sait que hurler à la démocratie en danger en utilisant la rhétorique habituelle de la dramatisation.

Le CSU-CDU n’est pas menacé à la tête de l’Allemagne. Il reste le premier parti sur l’échiquier politique. Ses dirigeants devant la forte perte de popularité d’Angela Merkel sont toutefois prêts à la limoger. Mais l’arrivée éventuelle du ministre de l’économie à la chancellerie doit en effrayer plus d’un à Francfort. C’est la politique monétaire de la BCE qui pourrait être remise en cause…

Frédéric Le Quer