Merkel chez les migrants

Par Jeudi 27 août 2015 Permalink 22

Angela Merkel était hier dans la région de Dresde, nœud de communication et centre économique au cœur de l’Europe centrale et en même temps le berceau de Pediga,  « les Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident » qui  est un mouvement ayant pour but de combattre l’islamisation de l’Europe, l’intégrisme musulman et la politique du gouvernement allemand sur les droits d’asiles accordés aux musulmans.

A Heidenau, le weekend dernier, des scènes d’émeute ont eu lieu contestant la distribution de nourriture et la fourniture d’un abri pour les réfugiés en grand nombre dans la région. Trente trois policiers ont été blessés lors des affrontements. En fait rien de très nouveau dans cette ex Allemagne de l’est où les groupes néonazis noyautent l’ensemble des clubs de jeunesse du coin. Les attitudes racistes y sont monnaie courante et le salut bras tendu plutôt fréquent!

Angela Merkel qui avait programmé cette visite pour saluer le haut de gamme allemand concernant l’industrie horlogère, ne put faire autrement que d’aller dans ce foyer de migrants, pris d’assaut quelques jours avant, comme d’habitude, pourrait-on dire, puisque la population est farouchement contre ces immigrés. Alors elle a condamné fortement les manifestations xénophobes pour que ne lui soit pas reproché une attitude courante chez elle qui est d’esquiver pour ne pas avoir à prendre les questions politiques trop frontalement. La presse allemande salue unanimement l’initiative tout en regrettant qu’elle vienne un peu tard. La population, souvent fan de sa chancelière, est dubitative!

Elle est inquiète et s’angoisse face au risque de perte de son identité, de son mode de vie, de sa sécurité. Elle craint même que les étrangers prennent possession des maisons pour s’installer à sa place! La classe médiatico politique la critique fortement sans se préoccuper de ses craintes. Stigmatisée elle se recroqueville, laissant passer l’orage mais n’en pensant pas moins.

Huit cent mille personnes, d’après les chiffres officiels, de culture complètement différente tenteront, rien que cette année, de s’installer en Allemagne. Ce choc civilisationnel ne se fera pas dans le calme dans un pays où les mots « peuple allemand » sont revendiqués. Les turcs n’ont jamais été acceptés et quittent petit à petit le pays. Qu’adviendra-t-il des arabes de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs? Où iront-ils après?

Frédéric Le Quer