Mépris de classe

Par Jeudi 5 octobre 2017 Permalink 3

Emmanuel Macron, président des riches, s’est encore lâché hier lors d’un déplacement en province en démontrant une fois de plus ce mépris de classe qui le caractérise: « Yen a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux de chercher un travail ». Les « certains » sont les « illettrés », « les pauvres » à qui l’auguste président a offert l’autocar pour voyager, les « fainéants » évidemment, « ceux qui ne sont rien ». Tout cela corrobore son idée que « la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié » ou qu' »interdire les VTC seraient les renvoyer vers le trafic de drogue à Stains » (là, il a peut-être raison!!!). D’ailleurs « 35 heures par semaine pour un jeune, ce n’est pas assez » et il convient d’expliquer que « ne plus payer les heures supplémentaires est une nécessité vue la situation économique ».

Ce florilège absolument pas exhaustif des charmantes remarques du chef d’état vis à vis de ses compatriotes pourrait être plus long avec par exemple cette phrase mémorable déclarée devant un parterre de patrons béats d’admiration: « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs ». Ah! Le temps béni du début de l’ère industriel! On comprend que les riches aient trouvé leur idole. On comprend moins bien pourquoi les français l’ont élu. Les syndicats et pas seulement les jaunes de la CFDT, semblent d’ailleurs tétanisés face aux provocations du dirigeant. Comme certains peuples, plus on leur file des coups de bâtons moins ils la ramènent, plus ils s’écrasent. Le mépris de classe affiché par les plus hautes instances étatiques les paralysent, les infantilisent. Ils n’osent plus revendiquer depuis qu’ils ont trouvé leur maître. Les voilà devenus des grands adeptes du compromis en tentant de sauver quelques miettes. La régression sociale si les citoyens ne se lèvent pas n’aura pas de limite. Emmanuel Macron a seulement été élu depuis quelques mois et il a encore quatre ans et demi à tirer!

« Je dis aux jeunes: ne cherchez plus un patron, cherchez des clients! » Des clients, un deal, du petit argent gagné sur des petits coups. Voilà ce pour quoi les français ont voté, voilà ce qui les attend. Ils s’en repentiront.

Frédéric Le Quer