Mélenchon, Ruffin, le drapeau européen

Par Jeudi 22 juin 2017 Permalink 4

Si le « C’est nous qu’on va gagner » de Ruffin crié devant le palais Bourbon, slogan qui rabaisse, slogan qui moque, slogan qui renvoie le peuple à son ignorance ou à sa bêtise, ne choque pas Mélenchon, en revanche le drapeau européen avec son cercle d’étoiles le heurte. Sa vue en entrant à l’assemblée nationale lui a fait dire: « Ce truc n’est pas constitutionnel », « C’est pas la vierge Marie ici! ».

Le film de Ruffin d’où le slogan vient, montrait des petites gens acculées par la vie et leur licenciement du groupe LVMH monter une entourloupe imaginée entièrement par le réalisateur pour faire chanter la multinationale. C’était parfois drôle, un peu long aussi. Entre Ruffin et ses « clients », on avait l’impression d’un deal moderne, win-win: lui les sortait de la merde en faisant de leur histoire glauque un film long métrage, eux se laissaient manipuler et mentaient effrontément sous la férule du deus ex machina. Il n’y avait pas de moral. C’était même assez triste avec l’impression souvent que Ruffin profitait des marionnettes qu’étaient ces gens simples et ignares… Mais le film a plu. Ruffin est devenu quelqu’un. Ses acteurs sont restés personne… Peut-être que Ruffin défendra dorénavant les pauvres au sein du parlement. En tout cas apparemment, il ne compte pas leur apprendre le français…

Mélenchon est donc en accord avec Ruffin sur la façon de traiter « les gens » comme il dit. Pour lui c’est une manière de gauche de se servir de la misère humaine pour son propre compte… Par contre l’homme politique n’est plus du tout d’accord quand l’Union Européenne maintient quelques bouts de ficelles de symbolisme chrétien dans son drapeau. Parce que sur le fond, Mélenchon a évidemment raison. De nombreux tableaux maniéristes ou baroques montrent la sainte vierge auréolée d’étoiles (sur votre site en haut à gauche avec le tableau attribué à Deruet et en une de l’article avec l’immaculée conception de Zurbaran). Et alors? La continuité historique dans laquelle se place ainsi l’Union Européenne est bien la dernière chose à lui reprocher. Les racines de l’Europe sont chrétiennes que le veuille ou non Mélenchon. Peut-être aurait-il préféré des croissants?

L’immigrationniste Mélenchon dévoile encore une fois le peu de cas qu’il fait de l’histoire. Du passé faire table rase est sa ligne de conduite. Ses idées ne mènent alors nulle part. En pleine crise économique et sociétale, son axe majeur est de changer la constitution! Et maintenant aussi le drapeau européen! Il n’a que des problèmes de riches ce leader d’extrême gauche.

Frédéric Le Quer