Médias de masse et souveraineté populaire

Par Vendredi 5 septembre 2014 Permalink 24

A l’évidence la souveraineté populaire s’étiole en France en ce début du XXIe siècle. Les médias de masse ont une part de responsabilité importante même s’il ne tient qu’au citoyen de raisonner à nouveau. Mais pour l’instant, la paresse intellectuelle, qui invite au laisser faire, est l’alliée de poids du conservatisme relayé par la presse.

Les scandales politiques s’accumulent. La plus élémentaire décence, le plus infime respect pour la démocratie auraient voulu un retour aux urnes afin de relégitimer ou pas le chef de l’état et son gouvernement. Rien dans ce sens ne se prépare. Les informations télévisées ou les journaux papier minimisent la portée de chaque événement voire même tentent de les discréditer.

L’affaire Thévenoud, un sécrétaire d’état précédemment chargé en mars 2013 d’un rapport sur la fraude fiscale montre le délitement de la classe politique après l’affaire Cahuzac ancien ministre du budget. Les deux se soustraient à l’impôt à titre personnel alors que leurs responsabilités professionnelles exigeaient un comportement diamétralement opposé. Sous la troisième république les journaux auraient crié au scandale, des manifestations auraient été organisées, des troubles de tous ordres s’en seraient suivis et en fin de compte le gouvernement aurait sauté. Rien de tout ça maintenant! Les médias minimisent, parlent de malchance du gouvernement, dédouanent ceux qui ont mis ce monsieur aux affaires. Surtout pas de vagues tant que les institutions tiennent.

Le livre de Valérie Trierweiller qui décrit un chef d’état socialiste ridiculisant le peuple français qu’il préside est un brûlot qui devrait remettre en cause son exercice de la fonction. Au lieu de ça le discrédit sur l’auteur du bouquin bat son plein complaisamment relayé par des journalistes qui s’essaient à la psychologie féminine pour tenter de brouiller l’image d’une élite qui hait le peuple et le ridiculise. Les institutions assurent la pérennité du pouvoir, surtout pas de vague.

L’affaire Montebourg montre les dissensions radicales dans le parti majoritaire à l’Assemblée Nationale. Elle met aussi en lumière que les pro européens qu’on peut aussi qualifier de suiveurs de la politique allemande ou encore de tenants du transfert de souveraineté nationale sont largement minoritaires en ne rassemblant plus que l’aile droite du PS et l’aile gauche de l’UMP. De fait,  tous les autres, le Front National, le parti de Dupont Aignan, la droite de l’UMP, la gauche du PS, le Front de gauche ont voté contre le traité de Lisbonne. Leurs argumentations sont totalement ignorées par le monde journalistique alors qu’ils représentent la majorité de la population française. Les plateaux télé organisent des débats bidons entre européistes convaincus. Le conservatisme jusqu’au boutisme des médias les incite à laisser passer l’orage. Tant que les institutions permettent à une minorité de décider de la politique de la nation, surtout pas de vague!

La puissance française diminue. Les pertes de souveraineté l’affaiblissent. La représentation nationale n’a de représentation que le nom. La démocratie est foulée au pied. Radios, télés, journaux, dans les mains d’une alliance objective entre le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique, jouent un rôle consternant. Mais la servitude volontaire du peuple français ne saurait durer encore longtemps et plus vite ces gens en prendront conscience, plus vite un changement profond, dans le respect de la paix civile, interviendra pour le bien de tous. Sinon…

Frédéric Le Quer


 

 

24