Match Allemagne-Grèce

Par Lundi 26 janvier 2015 Permalink 20

La Grèce ne remboursera pas sa dette dans l’enthousiasme d’une population qui refuse déjà de payer ses impôts. Sera-ce dans le cadre de l’€ ou en dehors? C’est la question du moment, essentiellement politique puisque, à l’évidence, ce pays, plus encore qu’un autre, n’a strictement rien à faire dans le sillage de l’Allemagne.

Les apôtres de l’Europe quoiqu’il en coûte refusent avec obstination d’acter les conséquences logiques de divergences toujours plus grandes entre tous les pays de la zone €. Si la Suisse a renoncé à croire à la pérennité heureuse d’un ensemble économique délirant en mettant fin au cours plancher du franc, un nombre important d’hommes politiques essentiellement dans le sud et à Bruxelles continue de proclamer l’inaliénabilité de la monnaie unique.  Sa baisse actuelle ne serait rien si elle ne faisait qu’alarmer les dirigeants allemands mais la planche à billet amenant une bulle inéluctable sur tous les actifs financiers accentuera éhontément les inégalités dans une Europe qui s’était donnée pour but de les aplanir!

Et dire que la gauche française, se voulant à longueur de temps un parangon de vertu, loue une politique monétaire assurant l’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres avec des dividendes plantureux et des plus-values obscènes pour quelques uns contre l’affaiblissement du pouvoir d’achat de tous.  L’intangibilité de l’€ est la condition de la continuation des avantages et des profits d »une classe essentiellement composée de banquiers, de chefs de grosses d’entreprise et de politiciens de tous les bords épanouis dans un monde pour eux merveilleux. Les déclarations répétées, va-t-en-guerre, entendues partout qui ne cessent de s’en prendre à Angela Merkel pour cacher l’ impéritie française en se dédouanant des mauvaises politiques suivies sont une honte. Là où la chancelière enrichit son pays à force d’une rigueur pas seulement financière mais aussi morale, le patrimoine public est ici dilapidé au mépris des générations futures. La générosité de nos hommes politiques avec l’argent de l’état est sans borne du moment que le leur reste bien à l’abri.

Alors l’idée de la sortie de la Grèce devient une hérésie scandaleuse digne de ces fameux populistes tant honnis. Aussi la commission européenne et la banque centrale ont préparé tous les abandons, toutes les compromissions, toutes les lâchetés pour éviter d’en arriver à cette extrémité. Si ils n’y avaient qu’eux, Alexis Tsypras serait en terrain conquis avant même que la négociation ne commence. Les médias aux ordres expliquent déjà à l’envi pourquoi le contribuable doit soutenir la Grèce, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, ce citoyen de base qui ne cesse de payer pour cette crise éternelle,  après que les créances des banques privées aient été transférées vers le public par l’intermédiaire de la BCE.

L’impression, que seuls les allemands ont des dirigeants qui les soutiennent vraiment, dont les intérêts certes sont différents des nôtres mais cependant parfaitement dignes parce que ce sont ceux du peuple, devient de plus en plus une évidence pour les européens des autres états. La Grèce aussi d’ailleurs a l’air de vouloir reprendre son sort en main. La bataille va se livrer devant le reste de l’Europe dont les chefs représentants de la ploutocratie n’espèrent qu’une chose: Surtout pas de vague!

Frédéric Le Quer