Martin Barré (1924-1993)

Par Dimanche 10 septembre 2017 Permalink 1

Malevitch, Mondrian, Cézanne sont les inspirateurs du peintre abstrait Martin Barré, du moins au début de sa carrière. Foin d’abstraction lyrique, foin d’expressionnisme, mouvements à la mode dans les années 50, l’artiste se concentre sur des formes brisées, des traits mal dans leur peau, des aplats grattés et plus très plats, des tons ocres et gris sur des fonds blancs qui leur permettent d’exprimer leur détresse. D’ailleurs il s’exprime ainsi: « Je veux que ma peinture fasse sortir de lui-même celui qui la regarde ou celui qui vit avec elle, et l’incite à refaire le monde et d’abord l’espace où lui-même vit ». (citation prise dans la Gazette Drouot n°1413). En une, huile sur toile, intitulée 57-100 x 100 (57 pour l’année, 100 x 100 pour les dimensions) qui le 27 avril 2014 chez Versailles enchères svv, décrocha un record mondial pour l’artiste à 298 680 € est significative du travail de Martin Barré à cette époque avec son carré fragmenté leitmotiv du peintre.

Ci-dessous, l’huile sur toile de 1957, 92 x 73 cm fit bien moins chère le 15 octobre 2014 avec ses 74 820 € récoltés chez Fraysse & associés à Drouot.SAM_4272

Mentionnons aussi ce quadrillage de la même époque, 1958, une gouache qui fut adjugée chez Enchères Pays de Loire ovv le 16 mai 2017, 21 350 €.SAM_4273

Rapidement, Martin Barré se signale par un minimalisme jusqu’au-boutiste s’attachant principalement au geste inspiré en n’hésitant pas à utiliser la bombe aérosol comme sur la toile ci-dessous de 1966, 183 x 113, qui se signala chez Versailles enchères ovv le 23 avril 2017 à 270 200 €.SAM_4274

Dans les années 1970, après une période conceptuelle durant laquelle il cesse de peindre, l’artiste évolue en adoptant la brosse et l’acrylique au service d’un style plus expressif.

En 1988, l’œuvre de Martin Barré est récompensée par le Grand Prix national des arts.

Frédéric Le Quer