Mario Draghi fait comme les autres

Par Vendredi 23 octobre 2015 Permalink 1

En promettant hier une politique monétaire encore plus accommodante, Mario Draghi permet aux bourses européennes et américaines de fortement monter. Janet Yellen a déjà pris un virage à 180° et remet sine die la hausse des taux à dix ans américains.  Quant à la banque centrale du Japon, les intervenants des marchés s’attendent à ce qu’elle relève le 30 octobre prochain son programme d’assouplissement quantitatif.

Ce sont d’excellentes nouvelles pour les gérants d’actions et les gérants obligataires. L’argent coule à flot grâce à ces grands banquiers centraux et comme il faut bien qu’il aille quelques part… Rien là cependant de positif pour l’économie des pays concernés! Ces politiques indiquent que les prévisions de croissance sont revus en baisse et qu’un cycle déflationniste s’enclenche. Aucun espoir de voir la consommation ou les investissements repartir.

Et il y a ces banques qui ont si peu confiance les unes dans les autres, si peu confiance dans la capacité d’une entreprise à générer de l’argent grâce à ses investissements qui préfèrent dès lors perdre un peu en laissant le leur à la banque centrale que le faire travailler. C’est le taux de dépôt marginal qui est à -0,2% et que Mario Draghi vent encore baisser. Mais rien ne suffira jamais sans inflation.

La politique monétaire chercherait à inverser la spirale infernale. En vain. Peut-être d’ailleurs y a-t-elle renoncé? Les banquiers centraux préfèrent peut-être simplement donner l’illusion par la valorisation des actifs que tout va bien puisque celle-ci est élevée. Et puis des actifs, ils en ont eux-mêmes tant de toutes sortes qu’une valorisation revue à la baisse serait catastrophique pour leur bilan. Les QE se situent dorénavant totalement en dehors de l’économie réelle.

La fuite en avant continue inéluctablement. Depuis la crise des subprime et Lehmann Brothers les riches n’ont jamais voulu prendre leurs pertes. Alors les populations ont été impitoyablement appauvries et placées dans l’insécurité. L’argent fabriqué ex nihilo est donné par les banques centrales à ceux qui en ont trop par l’augmentation ahurissante de la valeurs de leurs actifs ce qui n’apporte rien à ceux qui n’en ont pas contrairement à la justification du départ (théorie du ruissellement). Depuis quelques années la preuve est faite. Mais la ploutocratie trouve ça si bon qu’elle insiste. La morale voudrait que cela finisse très mal. Ce serait économiquement logique. Mais la morale et l’argent…

Frédéric Le Quer