Mario Draghi est inquiet

Par Vendredi 22 janvier 2016 Permalink 4

L’intervention de Mario Draghi d’hier n’avait rien d’optimiste, bien au contraire. Les commentateurs ne le mentionnent pas et restent uniquement sur sa promesse de réexaminer la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne en mars. Pourtant même pour  cela, il y eut un moment de flottement étonnant, perceptible en direct avec un CAC 40 perdant instantanément plus d’un demi point sur les  2% qu’il était en train de gagner.

En effet à une question d’un journaliste, Mario Draghi a répondu qu’une période de trop grande volatilité pourrait entraîner un resserrement des conditions financières sur les marchés! Voulait-il dire ça? Il semble qu’après le choc psychologique de la réponse, les traders aient tout oublié… Si au lieu d’ajouter de la liquidité, la BCE en ôtait, la politique plairait surement aux allemands sans contenter loin de là les autres! En tout cas c’est une option, guère probable mais mentionnée.

Les autres, les banquiers centraux sont, dixit Mario Draghi, unanimes sur la communication! La communication… ça ressemble à un plus petit dénominateur commun! Ils ont l’air d’accord sur rien! La croissance économique est freinée par des « perspectives moroses ». Pétroles, taux de change, économies émergentes sont des paramètres qui se sont « détériorés ». La Chine, même si « les autorités chinoises ont le contrôle de la situation » (comment aurait-il pu dire autre chose?) a 3 problèmes majeurs identifiés par le président de la BCE: 1- sa production manufacturière en baisse 2-les turbulences sur le marché des changes 3-les turbulences sur les marchés financiers. Compte tenu de l’environnement international, les perspectives de croissance de la zone € doivent être revues à la baisse. Par un euphémisme assez savoureux, il précise au cas où on n’aurait pas compris: « rien ne conduit à être abusivement optimiste »!

A part concernant la situation des banques européennes que les marchés vendent massivement alors que Mario Draghi affirment que les prêts non performants (encore un euphémisme!) sont identifiés, que le collatéral qu’elles détiennent est « substantiel », que « leur résilience est bonne » (n’en jetez plus la cour est pleine!), donc à part pour ce secteur spécifique et primordial où il a voulu rassurer, il s’est montré inquiet sur la situation internationale, n’hésitant pas non plus à faire état des flux migratoires qu’il espère voir se transformer en facteur positif, et à mentionner les problèmes de terrorisme. Tokyo était ce matin en forte hausse envisageant « sérieusement » de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la part de la BOJ.

Frédéric Le Quer