Marché de Noël

Par Samedi 24 décembre 2016 Permalink 1

Si l’attentat de Berlin est une attaque à l’encontre des traditions profondes de l’Allemagne, en France, les marchés de Noël sont une espèce de foire commerciale dont l’habitude n’est prise que depuis une vingtaine d’années, tout au plus, à l’exception de l’Alsace Lorraine Franche Comté. La symbolique des crimes venant d’être commis est bien plus forte à Berlin qu’elle eut été à Rennes ou sur les Champs Elysées, par exemple, où les affreuses baraques en bois et la grotesque grande roue ne représentent qu’un assez ignoble symbole de la société de consommation dans le cadre d’une fête religieuse, enlaidissant copieusement la splendide perspective allant du Louvre à l’Arc de Triomphe en passant par les si jolis jardins des Tuileries et des Champs Elysées. On est nombreux à s’esclaffer alors en paraphrasant Jean Yanne:  » J’y vais jamais sur les marchés de Noël… C’est plein de boue et ça sent mauvais… J’aime pas ça les marchés de Noël, je hais les marchés de Noël… Rien qu’à m’en causer, ça me donne envie d’envoyer des mandales sur tout ce qui bouge! »

Il s’agit donc de la culture allemande qui a été attaquée à l’instar de l’attentat de Nice du 14 juillet qui s’en prenait directement à une représentation de la république française célébrant la révolution. L’attentat terroriste dépasse alors la question des victimes, l’arithmétique morbide des morts et des blessés. Il se situe frontalement contre une culture. Il bafoue un pays d’accueil. Des individus humainement conviés à en faire partie se posent en envahisseurs en rejetant ses us et coutumes. Ce premier attentat d’ampleur en Allemagne ne donne donc aucunement lieu à une quelconque unité nationale, voire un silence intimidé respectant la tragédie. Pegida et AfD montent au créneau en accusant avec pertinence la politique d’Angela Merkel qui a fait d’un pays soudé, riche, épanoui, une terre de multiculturalisme synonyme de violence. La très présentable CSU bavaroise n’est pas en reste et fustige l’administration Merkel pour avoir ignoré la dangerosité du ressortissant tunisien.

Douze morts, c’est relativement peu par rapport à ce que la France a connu. Mais ces douze tués l’ont été dans un contexte particulier, dans un marché de Noël qui outre-Rhin représente la quintessence du mode de vie germanique.

Frédéric Le Quer