Le baume apaisant de Manuel Valls

Par Lundi 29 décembre 2014 Permalink 7

Manuel Valls déclare à un journal espagnol que les sacrifices pour les français continueront au-delà de deux ou trois ans. La politique de rigueur décidée par le gouvernement ibérique est entrain de mettre à genou l’ensemble de la population. Notre premier ministre s’emploie à rassurer en la sortant de son sentiment de victime isolée.

En effet, le fait de s’adresser à des journalistes étrangers doit consister à chercher  une relation directe avec les ressortissants du pays pour lesquels l’interview est organisée. Il est donc pensable qu’en leur spécifiant que la France allait en baver des années, il voulait au moins les informer. Mais pas seulement! Cette intervention curieuse tendait aussi à faire accepter aux espagnols leur situation de plus en plus précaire.

« Vous n’êtes pas seuls à voir vos conditions de vie se détériorer un peu plus chaque jour, de l’autre côté des Pyrénées leur supplice commence… Restez calmes et oubliez ces histoires d’indignés à dormir debout! La plèbe souffrira dans toute l’Europe, vous n’êtes pas abandonnés! » Cette petite phrase de Manuel Vals sous-entend un tel discours.

Dirigeants de tous les pays, unissez-vous! Citoyens européens ne suivez surtout pas l’exemple grec! Subissez comme des esclaves! Une seule politique est possible, le reste vous mènera à la catastrophe…

Mais la catastrophe est déjà partout en Europe du sud. Les raisons de laisser s’enrichir une classe sociale composée de patrons de grandes entreprises et de leurs bras armés que sont devenus les politiciens européens, sur le dos de l’ensemble de la population, échappent au sens commun. Ce terme de sacrifice employé par Manuel Vals devient une incongruité.

L’ offrande demandée, exigée de l’existence même des populations européennes à des divinités auto proclamées que sont ces gens qui décident en fonction de leurs intérêts est insupportable. Droite et gauche de gouvernement, comme ils aiment s’identifier, responsables de la même politique, châtient sans vergogne leurs concitoyens. Les média, aux ordres, perdent leur crédibilité. Tout est prêt en Europe du sud pour un soulèvement populaire.

Frédéric Le Quer