Manuel Valls devant le parti socialiste

Par Lundi 31 août 2015 Permalink 31

Le parti socialiste au pouvoir avait ce weekend son université d’été. Drôle de terminologie qui masque le peu d’idées qui en sort à chaque fois! Mais cette année était assez confondante. Le long et laborieux discours de Manuel Valls s’est déroulé sous un chapiteau réduit comme peau de chagrin compte tenu du nombre indigent de spectateurs.

Deux cents personnes, et c’est bien payé, assistaient au laïus du premier ministre. La tente avait été rétrécie pour avoir l’air comble devant les caméras de télévision. Avec la température extérieure, le pauvre dégoulinait de sueur dans cette serre sans aération apparemment. L’observateur compatissant avait envie de lui proposer de s’arrêter, faire attention à son cœur, de remettre ça à la prochaine fois ou à la rigueur, s’il voulait aller jusqu’au bout, d’installer un promontoire sur une petite plage alentour pour au moins bénéficier de l’air marin! Mais l’homme est courageux et volontaire et s’essuyant la figure avec son bras régulièrement, de façon pas très ragoutante mais au péril de sa vie, il alla au bout de la diatribe.

Deux cents personne seulement avaient daigné se regrouper autour du premier ministre! Mais pire, le parti n’avait pas réussi à rassembler un parterre homogène et en fonction du sujet abordé, comme celui du code du travail par exemple, quelques mauvais coucheurs rebelles ou fanfarons, n’hésitèrent pas à le siffler… Triste moment sous l’accablante chaleur où il fallait rameuter les vieilles gloires du parti, se référer à Robert Badinter par exemple, pour oser dire ce que l’orateur avait envie de dire.

Deux cents personnes pour entendre Manuel Valls pourfendre le Front National principalement mais aussi les gens de sa famille politique souhaitant organiser un front anti € avec Nicolas Dupont Aignan. Ce front pourrait pourtant bien lui être utile en divisant le vote souverainiste affaiblissant d’autant Marine Le Pen et en faisant émerger un courant qui actuellement ne pèse pratiquement rien dans les urnes.

Encore une fois les images, plus que tous les sondages arrangés, ont montré la faiblesse du socle sur lequel s’appuie le gouvernement au pouvoir. La démocratie est bafouée non pas par le régime mais par la façon dont l’appréhende le président de la république en se l’accaparant cinq ans quelque soit sa légitimité. Que ce soit du coté des résultats économiques ou de celui de sa popularité, tout plaide décidément pour un retour aux urnes le plus vite possible.

Frédéric Le Quer