Mais où est passé le travail?

L’armée de réserve du capital s’hypertrophie! Les masses de chômeurs, désirées à partir des années 70 pour inverser un marché du travail en défaveur du patronat vont après quarante ans devenir inquiétantes. Cette source d’instabilité, contrôlée jusqu’à présent par de généreuses allocations, risque, avec un budget de l’état difficile à boucler, de se révéler, un jour, dangereuse.

Du coup, quelques vérités premières, interdites sous peine de passer pour un horrible facho, commencent petit à petit à sortir. Le taux de natalité, par exemple, qui, il y a peu était une chance pour la France est maintenant une explication communément mentionnée concernant le chômage. Les beaux esprits découvrent tout éberlués que la démographie galopante que connaît la France depuis plusieurs décennies, (la population s’est accrue de 51 millions à 65 millions en trente ans!) que l’Europe entière nous enviait soi-disant, est un problème économique majeur. Des bataillons de mômes en pleine forme physique et intellectuelle, errent inoccupés d’études inutiles en bureaux de placement incapables de satisfaire la demande. Hélas! Le sacrifice de cette génération ne suffit pas! L’immigration incontrôlée met en concurrence toutes les classes d’âge avec trois cents, quatre cents, cinq cents (personne ne sait très bien) mille migrants par ans en plus! Voilà donc la chance pour la France! Voilà plutôt son cancer!

Les CICE ou pactes de compétitivité ne servent pas à créer des emplois. Il faut remarquer qu’on ne dit plus travail mais emploi, histoire d’oublier la dimension épanouissante d’un travail aimé et de se contenter d’une espèce d’occupation vivrière. Ces stratégies gouvernementales, donc, ne servent qu’à inscrire le pays dans le capitalisme mondialisé cher à Bruxelles . Les syndicats sont devenus des espèces d’ONG qui militent pour le vivre ensemble, la lutte contre les discriminations et la laïcité! Les grands mots cachent toujours la médiocrité. Les grandes entreprises ne signent plus de CDI, sachant que leurs salariés sont interchangeables. Les petites entreprises se débrouillent sans recruter ayant trop peur d’embarras dont ils seront toujours et systématiquement jugées responsables.

C’est une situation dramatique que vit le peuple français. Le travail est dorénavant un privilège que ceux qui en ont un sont prêt à tout pour conserver et que les autres réclament avec de moins en moins d’exigences. L’automatisation et la robotisation ne feront qu’accentuer cette crise. Pas grave pour le capital: il reste des milliards de consommateurs potentiels sur la planète!

Frédéric Le Quer