Mai-Thu dit Mai Trung Thứ (1906-1980)

Par Samedi 17 décembre 2016 Permalink 1

Mai-Thu est un artiste vietnamien né à Kiến An et mort à Clichy-La-Garenne. Son parcours est marqué par ses dons multiples, à la fois peintre mais aussi cinéaste, photographe, musicien. Il se fit remarquer hier à Drouot avec l’encre, aquarelle et gouache sur soie en une (46,5 x 28,5) de 1954 dont il réalisa aussi, comme à son habitude, le cadre, vendu chez Delvaux SVV, qui tripla presque son estimation basse de 20 000 € en réalisant environ 56 000 € frais compris.

Mai-Thu fait partie de ces familles de vietnamiens de haute lignée qui s’accommodèrent de l’occupation française de leur pays au cours de la première partie du XXe siècle. Après des études au lycée français d’Hanoï, il participe à la première promotion, de 1925 à 1930, des élèves de l’École des Beaux-Arts de cette ville que le gouvernement français créa en Indochine, à l’image de l’Ecole Nationale des Beaux Arts d’Alger, avec cours gratuits, enseignement de haut niveau et nombreux programmes d’échanges internationaux. L’art traditionnel vietnamien jusque là influencé par mille ans d’occupation chinoise, se métamorphose donc avec la colonisation française débutant dans le courant du XIXème siècle. De cette manière, la peinture vietnamienne de nos jours représente un mélange de style oriental et occidental. Les techniques adoptées comme les matières utilisées sont inspirées du mariage des arts chinois et français.

En 1937, Mai-Thu part vivre à Paris puis travaille après la guerre pour l’UNICEF. Toute se vie il s’engage pour la paix et dénonce les exactions américaines pendant la guerre du Vietnam ce qui l’amène, fidèle à lui-même, à refuser de travailler pour la galerie américaine Wally Findlay qui sut donner une renommée international à ses poulains asiatiques et il reste jusqu’à sa mort avec les galeristes français. Cela nuira à sa notoriété dans le monde. Lê Phổ (né au Vietnam en 1907 et mort à Paris en 2001), son ami depuis le collège issu du même milieu, dont le parcours artistique est similaire signa lui en 1964 avec cette galerie Wally Findlay. Il voit sa cote être bien supérieure. Pour ce dernier on notera par exemple ce résultat, chez Aguttes SVV du 30 mars 2015, pour l’encre et couleur sur soie représentant l’évanescente jeune fille ci-dessous (35,2 x 28 cm), de 172 125 € frais compris.sam_2650

Frédéric Le Quer