Macron et les entreprises privées

Par Mercredi 19 avril 2017 Permalink 3

Le favori des médias pour la présidentielle, Emmanuel Macron, est l’ami des entreprises. La start up est particulièrement son modèle, enfin plutôt le start uper qui s’enrichit au milieu de la coolitude de tous ses employés. Les multinationales sont aussi des exemples qu’il aime au point d’avoir fabriqué pour elles le CICE, avantage qui leur permet de payer 2 à 3 fois moins d’impôt que n’importe quel petit entrepreneur. Le candidat qui se voit comme une sorte de prophète, un homme prêt à tracer l’avenir du pays, tente en fait de réadapter les vieilles méthodes du XIXe siècle, celles qui, accompagnèrent le commencement de l’ère industrielle.

La start up est la petite boite qui veut grossir en un temps record. Les fondateurs en représentant un modèle pour les employés peuvent se permettre de leur demander bien plus qu’ailleurs. L’image compense. Dans une ambiance artificiellement sympa où son meilleur ami se doit d’être le voisin de bureau, il n’est plus question de compter ses heures. Dans cette ambiance si sympa, pleine de baby-foots et de jeux vidéo, les employés n’ont pas vraiment besoin de gagner beaucoup d’argent. Le minimum syndical leur est en général octroyé alors que les seules motivations des patrons est l’enrichissement rapide. La start up devient vite un esclavage volontaire d’abord, subi ensuite quand l’employé a compris qu’il faisait le tapin pour son boss!

Concernant les multinationales, leur rivalité avec les états les place dans une situation qui les pousse à contester de plus en plus les décisions démocratiques prises dans un cadre national. Par exemple il y a quelques semaines en Italie, pas un petit pays de rien du tout, la troisième puissance économique de l’Union Européenne, une entreprise britannique de forage pétrolier a assigné en justice l’état pour avoir décidé de protéger son littoral. Rockhopper, la société comptait sur un gisement en Adriatique en 2015. En 2016 une loi est votée empêchant les exploitations trop proches des côtes. Rockhopper ne pourra pas compter sur les ressources qu’il avait envisagé et attaque maintenant le pays en justice. Le peu de souveraineté qui reste aux pays de l’Union Européenne dont le transfert vers Bruxelles est radical, est mis à mal par les sociétés privées voulant s’arroger des droits indus comme celui de détruire un milieu marin selon leur bon vouloir du moment qu’il y a de l’argent à se faire.

Les aspirations d’Emmanuel Macron sont loin de représenter une meilleure sécurité pour les citoyens, au contraire. Son libéralisme économique loin de libérer les énergies risque de soumettre la société aux seuls intérêts privés. Son immigrationnisme est d’ailleurs un moyen de faciliter cette évolution.

Frédéric Le Quer