L’Union Européenne, une idée de vieux

Par Samedi 4 juillet 2015 Permalink 5

L’Europe unie et fraternelle est une idée de jeunes gens. Sans le poids de l’histoire, neufs, ouverts, dépourvus d’arrière-pensée, seulement enveloppés de traditions familiales toujours moins lourdes à porter que celles d’une nation et pouvant entre elles se marier, il leur est alors possible d’oublier la géographie et même la langue grâce au boire, au manger ou grâce à la beauté d’un paysage ou d’une oeuvre d’art. La confrontation les enrichit dans la joie.

L’Union Européenne est une ambition politique portée par des vieux. Toutes les strates superposées sur leur dos année après année du fait de leur parcours individuel, professionnel tuent le rêve pour laisser place à des discours convenus et des négociations infinis qu’ils cherchent à faire passer pour ambitieux alors qu’ils ne sont qu’arguties qui ne dissimulent plus le vide intellectuel et romantique du grand cirque européiste. L’intérêt prospère avec ce qu’il a de plus vulgaire car il devient la finalité de tous les rapports entre états, portés par ces vieux fonctionnaires et ces vieux politiques intéressés que par eux-mêmes, leur pouvoir et leur fric.

L’espoir vient de ceux qui disent non à l’Europe telle qu’elle est construite. Le coté de la jeunesse dorénavant est celui de la réaction face à ce que leurs aînés proposent, imposent plutôt, avec autoritarisme et morgue pour tout ce qui sort de leur milieu. La fraîcheur, la foi en l’Europe passe par la démocratie qui ne peut exister qu’au travers de territoires souverains et relativement petits. L’Europe unie est avant tout l’estime réciproque des peuples entre eux et donc le respect de chacun des citoyens vis à vis des cultures, des us et coutumes portés par d’autres. L’Europe unie est tout l’inverse d’une Europe uniformisée telle qu’elle se dessine puisqu’elle consiste en l’appréhension amicale de l’extraordinaire patchwork ethnique que représente ce continent.

La jeunesse doit maintenant lutter contre l’avenir que d’autres lui réservent. L’Union Européenne est devenue une machine de guerre entre les pays. Heureusement, le populisme souverainiste fait trembler les bases de fondations incertaines fabriquées par un système politique corrompu. Son écroulement au lieu d’être la fin de l’Europe comme on veut nous faire craindre, est la condition d’une fraternité recouvrée dans une Europe unie.

Frédéric Le Quer