L’Ukraine

Par Lundi 17 novembre 2014 Permalink 34

Un nouvel épisode de guerre froide s’est passé en Australie ce weekend. Le départ précipité de Vladimir Poutine du G 20 montre à quel point ses relations avec les pays occidentaux sont tendues. Aucune des parties n’est prête à céder sur l’Ukraine.

Les Etats Unis et le président Obama mènent le bal depuis le début. Georges Soros a confirmé dernièrement avoir partiellement financé l’insurrection ukrainienne . Maintenant le nouveau gouvernement ukrainien, avec à sa tête un oligarque qui en a remplacé un autre, commence à coûter très cher en subventions à l’Union Européenne et ses citoyens. Tout ce petit monde veut voir le pays devenir définitivement pro occidental par l’intermédiaire d’une future entrée dans l’UE.

Le président russe, devenu pour les américains l’incarnation du mal, ne l’entend pas de cette oreille. Perçu par les anglo-saxons comme « en quête de la gloire perdue du tsarisme », il se permet en partant précipitamment du sommet de donner des leçons de diplomatie en assurant l’avoir trouvé « constructif »! En attendant il a annexé la Crimée, qui ne demandait pas mieux, malgré les cris d’orfraie qui continuaient samedi de la part des Etats Unis, du Japon et de l’Australie, et il s’apprête à prendre acte de la partition du pays entériné par Kiev qui retire tous ses services publics et ses services bancaires aux entreprises et aux particuliers dans les régions qui ne sont pas sous son contrôle politique. Il s’agit en fait d’un blocus économique de l’est de l’Ukraine auquel Moscou devra bien remédier…

Les sanctions économiques prises à l’encontre de la Russie n’ont non seulement aucun effet mais crispent les relations entre les parties. Poutine à ce propos déclare à l’agence Tass: « Il va de soi que cela nous cause un certain préjudice, mais c’est aussi préjudiciable pour eux parce qu’au fond cela sape l’ensemble du système des relations économiques internationales. »

La guerre en Ukraine est en fait un drame de la pauvreté. J’ai pu personnellement m’apercevoir en cherchant récemment à changer quelques centaines d’euros à Odessa que cette somme inspirait des convoitises hors de proportions avec ce qu’elle représentait.

La misère des ukrainiens est l’épine dans le pied des relations internationales. C’est aussi la clé des poussées extrémistes dans le pays. Et c’est enfin le champ de bataille de superpuissances pour qui les besoins d’un peuple sont des prétextes utiles à leurs intérêts géopolitiques.

Frédéric Le Quer

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