L’Ukraine continue de sombrer

Par Samedi 6 juin 2015 Permalink 11

Le regain de tension en Ukraine qui aurait entraîné de nombreuses victimes cette semaine semble s’apaiser. L’ONU se penche sur le berceau dès que fusillades et meurtres deviennent par trop visibles. Quoiqu’il en soit le pays est en proie à une instabilité dont aucune des parties en présence n’a véritablement envie de la voir sortir.

Si du côté de Kiev, Porochenko n’a qu’une idée, celle de reprendre les territoires conquis à l’est par les séparatistes prorusses, beaucoup pensent que Poutine veut couper au régime l’accès à la mer Noir en prenant Odessa et Marioupol. C’est d’abord  un conflit territorial et stratégique qui se déroule sur le dos de la population.

Le régime de Kiev se pare de toutes les vertus et la propagande des médias encense l’Union Européenne décrite pour les ukrainiens comme un jardin d’Eden. Financièrement l’UE tient pour l’instant avec le FMI le pays à bout de bras. La dette s’accroît année après année et des décisions économiques et politiques importantes devront un jour être prises pour remplacer la deliquescence de l’etat et la corruption institutionnalisée! Les russes exagèrent l’importance des groupuscules fascistes, même si ceux-ci ne sont pas négligeables. Le vrai problème est plutôt l’enrichissement exponentiel des caciques. D’après Forbs Porochenko aurait multiplié sa fortune par sept depuis qu’il dirige le pays!

Un nationalisme exacerbé existe dans les deux camps. Poutine et Porochenko utilisent les sentiments des populations de rancœur ou de volonté de domination pour leurs conquêtes territoriales liées à des enjeux stratégiques. Les Ukrainiens sont à la fois le jouet de l’Occident et ses désirs de mondialisation, celui de la Russie devenue le héraut d’un monde contestant la suprématie américaine et celui de dirigeants corrompus. Leur économie sombre, les prix des produits de base ne cessent de grimper. L’Ukraine prend dramatiquement le chemin emprunté par la Grèce et à cause de l’incompétence de ses apparatchiks soumis aux grandes puissances, elle  étrangle l’immense majorité de sa population sur l’autel d’intérêts la dépassant.

Frédéric Le Quer