Louvre Abu Dhabi

Par Mercredi 8 novembre 2017 Permalink 1

Aujourd’hui est le jour de l’inauguration du Louvre Abu Dhabi, sans doute l’un des plus grands scandales de ce début de XXIe siècle. Ce sera pour Emmanuel Macron, présent, l’occasion de vanter la puissance universelle de la culture française. Ce sera surtout pour les français le triste événement de voir disparaître longtemps quelques uns de leurs plus beaux joyaux artistiques comme Le Fifre de Manet, La Gare Saint-Lazare de Claude Monet, l’Autoportrait de Van Gogh ou Bonaparte franchissant les Alpes de Jacques Louis David. Au total, 300 œuvres prêtées par Le Louvre, 12 prêtées par d’autres musées français. L’état n’a pas vendu à l’émirat arabe un savoir-faire, il a liquidé les bijoux de famille.

Le Louvre n’est pas simplement un business. Il représente la concrétisation des idéaux révolutionnaires avec l’idée majeure de faire profiter au peuple dans son ensemble ce dont seulement les aristocrates bénéficiaient avant 1789. La culture pour tous, un idéal porté aussi par le gaullisme et André Malraux. Ce Louvre, si républicain et laïc, s’implante dans une monarchie héréditaire musulmane où les habitants n’ont ni droit politique, ni liberté d’expression et où l’égalité homme-femme est de la science fiction. En vendant une marque, le Louvre perd son âme. Mais il distribue aussi nos plus grandes œuvres d’art à une région où les attentats sont fréquents et où les crises politiques se résolvent à coup de canon; on le voit au Yemen, on risque de le voir aussi au Qatar. Nos trésors nationaux sont ainsi baladés à travers le monde alors que leur conservation pour la transmission aux générations futures devrait être la grande affaire des responsables politiques et administratifs.

Par ailleurs, un article de La tribune de l’art, démontre la précipitation qui règne pour essayer de préparer le nouveau musée aujourd’hui. Ce sont des considérations financières, pour stimuler la foire d’art contemporain d’Abu Dhabi qui a lieu du 8 au 11 novembre, dont l’échec commercial est patent depuis plusieurs années, qui forcent le timing. Pagaille et improvisation sont devenues les deux mamelles de la préparation de cette inauguration sous plus de 40° à l’ombre où des tableaux venus de Paris sont abandonnés des journées entières au petit bonheur la chance avant de finir par être posés!

Notre pays ne respecte plus sa culture et son patrimoine. L’histoire de l’art n’ayant jamais été à l’école une matière, cela n’intéressera personne. C’est encore plus triste!

Frédéric Le Quer