L’or monte

Par Samedi 17 janvier 2015 Permalink 15

Si, en d’autres temps, la croissance, l’enchérissement des biens, la masse monétaire, se mixaient plus ou moins harmonieusement dans la durée,  le règlement de la crise à l’américaine a cherché, avec grande impatience, à renchérir tout avant tout, à l’exception de la valeur travail bien sur, pour rassurer ceux qui ont tout justement, afin que leur monde toujours plus merveilleux éclaire un peu les autres et qu’enfin la foi dans le dollar illumine chacun! Un actif a donc subi de plein fouet le dernier round de QE de Ben Bernanke, en baissant, l’or.

La croyance aveugle des marchés occidentaux en la politique monétaire du président de la Fed, leur intérêt bien compris d’y croire d’ailleurs, coûte que coûte, l’enrichissement dont les protagonistes ont bénéficié grâce à cette politique, les ont naturellement fait rejeter la valeur refuge par excellence, celle de la peur, celle des catastrophes mondiales, celle qui fait son lit des crises économiques et des guerres. Si de 2007 à 2012, l’or monte régulièrement en parallèle des applications des QE1 et QE2,  à partir du quatrième trimestre 2012 avec le QE3, par contre, plus il y a eu de papiers-monnaies, plus l’or de manière contre intuitive, a baissé. La face du monde devait constater que le dollar, loin de se trouver affaibli par les maltraitances subies dues aux politiques monétaires successives, en sortait renforcer puisqu’elles étaient garantes du retour de la prospérité. La stimulation de la valeur des patrimoines financiers et immobiliers ne pouvait sembler factice; l’or s’éteignit, aveuglé qu’il était devant tant d’audace!

Parallèlement à la politique plus restrictive de Jannet Yellen , le métal précieux reprend, ces derniers temps, du poil de la bête! L’œuf, la poule? Plus prosaïquement une dette qui s’accroît plus vite qu’un PIB depuis 2008 aux Etats Unis semble le moteur des catastrophes à venir. La vie à crédit de l’Amérique pose alors la question de l’efficience des QE.  Ce qu’il restera des valorisations actuelles si elles ne sont pas portées par un QE4, personne ne le sait. L’or se réjouit en sentant venir sa revanche, l’incertitude en étant déjà une pour lui! Il reprend donc des couleurs en voyant une crise irrésolue avoir marqué juste une pause.

2015, qui devait être la grande année de l’après crise des subprimes, celle de son enterrement définitif, multiplie en son commencement les épées de Damoclès. Globalement rien ne va. L’impression est tenace depuis quelques semaines que des mains fortes ne cessent d’acheter de l’or. Si la hausse du métal précieux ne bénéficie sans doute qu’à quelques uns, le message induit qu’elle envoie à tous est que l’avenir risque d’être particulièrement dangereux.

Frédéric Le Quer

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