Loi travail

Par Mardi 11 juillet 2017 Permalink 2

Le projet de loi d’habilitation à procéder par ordonnances sur la réforme du code du travail comporte 9 articles qui sont en cours d’examen à l’assemblée nationale. L’ordre juridique et social de 18 millions de salariés du privé va changer de manière guère transparente puisque la teneur des ordonnances pour la nouvelle loi travail reste bien mal connue. Mais les députés vont largement souscrire à ce que demande le gouvernement.

En fait, des syndicats comme Force Ouvrière ont beau joué les Candide, faire croire à la possibilité d’un deal win-win, présenter l’opération comme une grande concertation d’égal à égal, le but d’Emmanuel Macron qu’il va atteindre sans mal grâce à l’abrutissement des français, est de diminuer les droits des salariés du privé pour donner une plus grande latitude à leurs patrons. On déshabille Pierre pour habiller Paul. Et Pierre se laisse faire trouvant même parfois cela très bien, se sentant apparemment trop favorisé!!!

Les bénéfices du CAC 40 ont bondi de 32,6% en 2016, à 75,8 milliards d’euros, alors que les entreprises ont poursuivi leur maîtrise des coûts dans un contexte de croissance molle. L’année dernière fut la meilleure année depuis 2010. Hors secteur financier, le résultat des banques étant largement sujet à caution depuis que leurs actifs sont valorisés au doigt mouillé, la progression des profits est encore plus spectaculaire puisqu’elle atteint + 45,2%. La seule ombre au tableau est la stagnation des chiffres d’affaire. Mais peu importe, les analystes financiers tablent encore sur une très belle hausse des profits pour 2017.

Alors que les bénéfices des entreprises réalisent des progressions à 2 chiffres, le pouvoir d’achat des ménages stagne ou augmente au mieux d’environ 1%! Serait-ce trop? Il semble bien puisque la loi travail a pour but de donner moins de droit aux employés. Plus drôle encore, si on peut dire: les accords de branche sont en voie d’être maintenus quand ils sont favorables au patronat et supprimés dans le cas contraire…

Et les petites entreprises? Me direz-vous. En effet pour le patron d’une minuscule société se retrouver avec un salarié insupportable qu’il ne peut pas virer sans que cela lui coûte un bras est dramatique. C’était seulement dans ce cas qu’il fallait rééquilibrer les droits en faveur du boss pour lui donner la liberté de licencier et d’embaucher. Autrement la politique en faveur des plus riches qui est mise en place tend encore à faire un peu plus tirer la langue à tous les autres.

Frédéric Le Quer