Livre d’heures

Par Samedi 11 mars 2017 Permalink 1

Le livre d’heures est au moyen-âge l’outil qui permet aux laïcs de suivre au quotidien une vie religieuse rythmée par la prière selon la règle bénédictine. Appelé aussi simplement heures, il comprend un calendrier, le récit d’événements clés issus du nouveau testament, les prières à réciter au cours de la journée et de la nuit. Chaque livre d’heure est à usage de villes différentes (Bourges, Rouen, Rome…) pour mettre en exergue leurs saints propres. Appelé souvent simplement « heures », il correspond au bréviaire utilisé par les clercs et est destiné à la dévotion privée.

Incunables ou post incunables, i. e. premier quart du XVIe siècle, le livre d’heures est particulièrement prisé pour ses illustrations plus ou moins riches en fonction de la personne qui le possédait. L’iconographie s’y développe au fil du temps avec des enluminures faites à la main ou gravées sur bois et des images édifiantes aidant à la compréhension de textes évangéliques. Cet aspect du livre d’heure est celui qui plait aux amateurs actuels qui n’hésitent pas à débourser des dizaines de milliers d’euros pour acquérir cet ouvrage souvent d’assez petit format (15 à 30 cm de hauteur maximum).

Il s’est vendu hier 10 mars 2017 à Drouot chez Binoche et Giquello ovv, un livre d’heures à l’usage de Rome (photo en une), sur vélin, dévoilant le calendrier religieux de 1512 à 1527 imprimé en 1513, complet avec ses 120 feuillets, reliure d’origine mais abîmée. Il fit à 25 000 € environ frais compris cinq fois son estimation basse!

Celui, ci-dessous vers 1510 avec sa reliure d’origine, à usage aussi de Rome, de 102 feuillets ornés de 28 figures à pleine page gravés sur bois et enluminés par un miniaturiste de talent réalisa le 14 décembre 2011 la coquette somme de plus de 75 000 € frais compris chez Rieunier & associés svv.SAM_3266

Le livre d’heure à usage de Bourges, un incunable (i. e. imprimé avant le XVIe siècle), image ci-dessous, proposé chez Oger-Blanchet le 27 mai 2015 avec son estimation de 50 000 € ne trouva vraisemblablement pas preneur (la Gazette Drouot se tait sur l’issue des enchères!) pour ses 116 feuillets mais avec une reliure qui n’était pas d’origine.SAM_3267

Frédéric Le Quer