L' »intolérable » embuscade d’Ajaccio

Par Samedi 26 décembre 2015 Permalink 10

« Intolérable », voilà comme le premier ministre qualifie le guet-apens contre les pompiers d’Ajaccio par des jeunes musulmans. Dommage qu’il ne se soit pas élevé contre ceux organisés cette année à Thiais, à Clichy sous bois, à Carcassone, à Nogent sur Oise, à Duingt en Haute Savoie, à Chateauroux, partout en Seine St Denis, etc, etc… Le 14 juillet et le jour de l’an sont devenus de grands défouloirs où tout ce qui représente l’état est pris à parti avec obstination. A cette occasion le ministère de l’intérieur se fend d’un communiqué, chiffré selon son gout, dans lequel évidemment aucun coupable n’est désigné.

Mais suite à l’embuscade d’Ajaccio, la population a organisé des représailles. Les corses n’ont aucune intention de se laisser attaquer sans réagir. Les successives démissions de l’état central à Paris les exaspèrent au point de ne voir de salut que dans une progressive séparation qui devrait leur permettre de conserver leur identité. C’est la raison principale qui les a fait voter pour les nationalistes lors des élections régionales. Leur lutte contre le nivellement en cours des particularismes culturels ou écologiques à cause de la mondialisation les mène vers un certain isolationnisme que des îles comme le Japon par exemple ont pratiqué avec succès par le passé, que l’Islande actuellement revendique au travers de son indépendance militante qui l’a faite sortir de la crise économique et financière mieux et plus vite qu’ailleurs. Si les différents corps administratifs français refusent de faire assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire corse, la population s’en chargera logiquement.

Donc, après l’agression qui fit trois blessés, deux pompiers gravement et un policier légèrement, le gouvernement ne moufta pas, comme d’habitude, comptant sur la lâcheté des citoyens pour enterrer une fois de plus ce genre de fait divers. Manque de bol, ceux-ci réagirent courageusement et vinrent s’en prendre à la population du quartier incriminé. Alors, seulement le premier ministre qualifia d’intolérable ce qui était arrivé à des fonctionnaires chargés de la sécurité de tous. Mais sitôt dit, il pourfendit l’exaspération des honnêtes gens et qualifia leur réaction d’inacceptable! Elle n’avait pourtant occasionné que des dégâts matériels dans les immeubles de la cité et dans une mosquée sans faire de victimes.

Il faut conclure que quelques cages d’escaliers salies, quelques vitres brisées et quelques meubles abîmés valent pour le premier ministre autant que l’intégrité physique de personnes dont le métier est de venir en aide aux autres! C’est avec  ce genre de lamentable compromission que Manuel Valls détruit l’unité du pays. Sa veulerie est le ferment de la guerre civile.

Frédéric Le Quer