L’indice empire state et le reste…

Par Mardi 16 juin 2015 Permalink 19

Si les attentes concernant l’indice empire state sont souvent déçues, il n’en reste pas moins que celui de juin est non seulement très en deçà du chiffre espéré mais en plus négatif. Ce n’est pas rien car il s’agit d’un indicateur majeur reflétant le sentiment des fabricants new yorkais et le -2 sorti signifie que pour eux la situation se dégrade. Beaucoup de signes montrent que la reprise américaine, plutôt atypique et indéniablement très inégalitaire depuis 2009, est en train de s’essouffler.

Et les taux sont toujours au plancher! Le Comité de politique monétaire de la banque centrale américaine se réunit aujourd’hui et demain. Il ne les montera pas en juin. Peut-être les montera-t-il après, en septembre s’il n’est pas trop tard… En fait, il n’en sait probablement rien car l’été sera chaud! La récession du premier trimestre a été présentée comme une surprise, les catastrophiques chiffres de la production industrielle en avril et mai aussi. La reprise du deuxième trimestre n’existe pas parce que le dollar est relativement fort et les investissements dans le secteur pétrolier sont en berne parce que le prix des matières premières ne se redresse pas depuis l’hiver dernier. On comprend les appels du FMI et de la Banque Mondiale au statu quo sur les taux.

Après avoir intégré l’inflation, le revenu médian des foyers aux États-Unis est 8% plus bas qu’il n’était lorsque la dernière récession a débuté en 2007. Selon un sondage récent, 62% des américains vivent actuellement mois après mois sans mettre le moindre centime de côté et en ce moment, un adulte sur trois aux États-Unis a une dette impayée en cours de recouvrement. Si on ajoute que de moins en moins d’américains en age de travailler ont un emploi cette histoire de remontée des taux devient une histoire de fou!

Janet Yellen et son comité le savent mais le problème est que la banque centrale n’a aucun moyen pour affronter la prochaine crise économique qui, si l’on croit aux cycles, s’annonce prochainement. Alors bien sur, il restera toujours le quantitative easing pour satisfaire les milliardaires en survalorisant leurs actifs mais plus question de baisse de taux déjà au plancher. Du coup, alors qu’aucune surchauffe de l’économie n’existe bien au contraire, on veut remonter les taux pour pouvoir les redescendre!

Avec une prochaine crise financière qui hésite à apparaître sur le continent asiatique où la bourse chinoise est irrationnelle ou sur le continent européen où la gouvernance l’est tout autant, la période estivale s’annonce si accablante que les discours des grands argentiers ne vont engager que ceux qui les écoutent.

Frédéric Le Quer