L’indépendance de la Catalogne

Par Lundi 24 juillet 2017 Permalink 1

Les indépendantistes de Catalogne veulent organiser dans un peu plus de deux mois un référendum d’autodétermination. Les instances européennes sont vent debout contre cette initiative et font déjà sonner la charge dans la presse espagnole pour décrédibiliser le résultat attendu. De soi-disant intellectuels ibériques même catalans à la solde de l’Union Européenne, tous ces médias, ces metteurs en scène, ces think tank qui ne vivent que de subventions de Bruxelles, sont appelés à la rescousse pour prêcher la bonne parole unioniste.

Ils n’y vont pas de main morte et ne donnent pas dans la demi-mesure. El Pais (tu m’étonnes!) s’en fait l’écho, parlant d' »incompatibilité avec l’état de droit » ou de « processus dévoyé par le nationalisme », rien que ça! Evidemment la notion même de référendum est remise en cause et traitée de processus non démocratique. Plus c’est gros plus ça passe! De curieux sondages qui seraient plus révélateurs (!) proclament très précisément que 49,4% des catalans seraient contre l’indépendance et que 41,6% seraient pour. Mais il semblerait que dans les 49,4% de contre l’indépendance, une grande partie de ces électeurs seraient si peu contre qu’ils n’iraient pas voter et que les gens favorables à celle-ci l’emporteraient largement. Autant dire que le sondage est plus un outil de propagande que le témoignage de l’état d’esprit de l’opinion…

Ensuite comme toujours, il y a les menaces si les catalans votent mal. Il s’agirait d' »une victoire à la Pyrrhus » donc entraînant de lourdes pertes pour le vainqueur, pertes non précisées, avec des « lendemains incertains ».

L’intangibilité des frontières voulue par l’Union Européenne est au cœur de la problématique. Leur porosité est la garantie de la mondialisation, thème principal de l’UE. Pas question qu’une province où qu’elle soit, vienne verrouiller les siennes. C’est bien parce que les frontières européennes ne servent à rien qu’il faut absolument les garder en l’état. L’Europe ne peut devenir une grande tambouille où tout est mélangé, où le monde entier s’y déverse que si les particularismes régionaux ne la ramènent pas!

La Catalogne croit en sa force, en son identité. Pour l’Europe et ses caciques, ce n’est rien d’autre qu’une hérésie.

Frédéric Le Quer