Quand l’incompétence devient la norme

Par Mercredi 24 septembre 2014 Permalink 13

L’incompétence gouvernementale dans les domaines les plus variés pourrait être source d’étonnement si depuis vingt huit mois nous n’avions été habitués à ce genre de palmarès. Le florilège de gaffes et de résultats désastreux dont François Hollande et son équipe peuvent se targuer relève du cauchemar pour la France, mais bien arrimé à son post,  il ne semble pas question que l’homme démissionne d’ici 2017.

L’issue économique envisagée par nos dirigeants est toujours plus de dettes. L’issue sociale est toujours plus d’immigration. L’issue en politique extérieure est toujours plus de guerre. Le « toujours plus » semble le prisme par lequel toute décision est prise. Déficit identitaire, peur du vide, perte d’épaisseur, anxiété, fatigue psychique et physique sont certainement les symptômes psychologiques dont souffre le président. Le résultat est que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour.

Sur le plan économique, l’ensemble des indicateurs est au rouge. Le PMI composite (services+industrie) à 49,1 pour septembre est au plus bas du troisième trimestre et indique une contraction de l’économie. L’hypertrophie du secteur public avec son corollaire le déficit compensera. Une croissance nulle du PIB est à prévoir. Le déficit public va progresser plus que prévu et sera à la fin de l’année plus proche de 5 % que de 4 % du PIB. Les destructions d’emploi sont calamiteuses et ne cessent d’empirer depuis 6 mois. La croissance n’atteindra  évidemment pas l’objectif  déjà modeste de 0,4%. Ces chiffres sont à mettre en perspective avec les bons résultats allemands. En prêtant pour pas cher, la finance reste l’ami de François, mais jusqu’à quand?

Sur le plan social, la crise identitaire française est souvent traité ici.

Sur le plan de la politique de défense, la France est sur tous les fronts en même temps, à tel point que l’impression est prégnante qu’une sorte de divertissement pascalien s’empare du chef de l’état lui permettant d’évacuer le tragique de la situation intérieure. Faire la guerre partout dans le monde devient une espèce d’issue à l’impasse économique. Mais les conséquences de ces actes sont peut-être mal évalués. D’abord il n’est pas sûr que d’envoyer des bombes de dix mille mètres d’altitude puisse faire courir un quelconque danger à l’Etat Islamique… Ensuite les armes fournies aux mercenaires kurdes risquent un jour ou l’autre d’être vendues aux rebelles du Mali et servir contre les soldats français… Enfin l’actualité montre que les djihadistes vont et viennent sur le territoire national comme bon leur semble, s’offrant le luxe de ridiculiser le ministère de l’intérieur en proposant de venir se présenter par eux-mêmes au commissariat; l’incurie de M. Cazeneuve n’a rien à envier à celle de son patron!

Cette inaptitude à diriger la France fait peser une lourde hypothèque sur l’avenir. Les français s’appauvrissent. Leur sécurité est mal assurée. Le pouvoir est déliquescent. Alors que tout est à redéfinir, le conservatisme n’a jamais été autant privilégié. La peur des temps futurs pour soi, sa famille, ses proches en est bien sûr la cause. Le fiasco auquel on assiste est le fruit d’un état miné par l’incompétence.

Frédéric Le Quer


 

 

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