L’incertitude économique à son paroxysme

Par Vendredi 18 septembre 2015 Permalink 14

L’incertitude économique et politique dans les affaires du monde devient un mal endémique qui entraîne une insécurité digne d’une période de guerre. Aucun dirigeant n’a de vision à un an. La situation internationale dérive au gré de secousses que chacun perçoit comme devant un jour faire tout s’effondrer.

Bien sûr, il pourrait être mentionné la politique fiscale de François Hollande qui est véritablement un exemple difficilement égalable puisque tout peut changer en une semaine ou deux au gré de pulsions courtermistes qui prennent leur sources dans des sondages de moins en moins fiables mais de plus en plus étudiés ou encore ses revirements concernant la guerre uniquement contre l’Irak puis maintenant aussi contre la Syrie et demain s’il y trouve un quelconque intérêt électoral contre un autre dont on ne sait encore rien. Ce serait trop facile et insuffisamment signifiant  car notre pauvre pays n’est plus que la dernière roue du carrosse de la mondialisation et ne peut pour exister sur le plan international que se raccrocher aux branches des mouvements d’opinion.

Alors il faut plutôt considérer les positions de gens plus éminents et dont les décisions ont un réel impact sur les habitants de la planète. L’exemple des grands banquiers composant la FED est assez parlant. Si hier, comme prévu, seuls les médias cherchaient à créer un suspens pour une question d’audimat, la banque centrale américaine a laissé ses taux inchangés à zéro, leur justification fait l’objet d’autant d’interprétations qu’il y a de banquiers. Entre ceux qui voient poindre à l’horizon d’un an des taux négatifs correspondant à une période de déflation accélérée et ceux qui les prévoient à au moins 3% pour le même horizon en supputant un regain d’inflation, il y a une marge phénoménale qui interdit toute projection un peu maîtrisée dans l’avenir. Ces gens ne savent pas ce qui adviendra demain et n’ont aucune idée de ce qui arrive réellement en Chine. Dans le doute Janet Yellen s’est abstenue.

Et puis Angela Merkel, aussi, dont l’importance sur la scène internationale n’est pas à démontrer, navigue à vue avec l’affaire des migrants. Ces gens qu’elle voulait accueillir par centaines de milliers ne bénéficieront désormais en Allemagne d’aucune aide sociale risquant d’appauvrir les citoyens allemands. Cette radicalisation depuis hier montre à quel point le pays n’est pas prêt à recevoir qui que ce soit (demandez aux turcs qui quittent le pays!) et en bout de chaîne seuls les états généreux ou laxistes supporteront le fardeau économique de ces gens arrivant sans un sou et attendant tout du pays d’accueil. L’Allemagne ne changera pas, d’ailleurs au cours de la grande beuverie annuelle que constitue la fête de la bière un passage spécial à la gare de Munich est prévu pour les réfugiés afin qu’ils ne perturbent pas la sauterie!

Ces trois exemples de revirements de politique et d’incertitude économique pourraient être multipliés avec comme modèle, l’état central chinois qui navigue à vue ou l’UE qui se délite inexorablement en allant vers le chacun pour soi ou la recrudescence de l’islam radical au moyen orient et en Afrique. Il serait inconscient de ne pas envisager une grave crise mondiale dans les mois à venir. Elle nous pend au nez en tout cas!

Frédéric Le Quer