L’honneur perdu des dirigeants grecs

Par Vendredi 10 juillet 2015 Permalink 24

Après qu’Alexis Tsipras ait héroïquement redonné la parole à son peuple, il ignore les résultats du référendum. Les grecs les plus riches qui ont voté à 70% oui aux propositions de Bruxelles ont eu raison de l’ensemble de la population. L’Europe continue égale à elle-même!

C’est un signal dont se gargariseront forcément et avec raison tous les tenants de l’abandon de souveraineté pour signifier que rien d’autre n’est possible. Le plus absurde étant d’avoir fait voter des gens pour rien en se moquant de leur opinion 5 jours plus tard. En choisissant le non, la population savait forcément qu’il lui en coûterait de relever la tête mais elle signifiait que sa fierté n’avait pas de prix. Son premier ministre la fait s’aplatir sur l’autel d’une austérité imposée par l’étranger sans rien avoir obtenu.

Les institutions européennes imposent donc leur point de vue et décide de la destinée des européens. Les petits pays ne peuvent pas infléchir ce qui est voulu sans eux et leurs citoyens représentent des paramètres négligeables. Alors à partir de quel niveau de produit intérieur brut un état est-il susceptible de faire bouger les lignes? Quels sont les européens « plus égaux » que les autres? La violence peut-elle naître de ce déni de démocratie? Où peut-elle conduire?

Le probable maintien de la Grèce dans la zone € dans la soumission la plus totale de son gouvernement est donc un affaiblissement de tous les rebelles de l’Union Européenne. Evidemment le gouvernement Tsipras va traîner les pieds, rechigner, essayer de chipoter sur ses promesses envers Bruxelles, se faire réprimander mais sa perte complète de stature nuit aux aspirations alternatives portées spontanément par les peuples européens. C’est d’honneur retrouvé que ceux-ci ont besoin et cette nuit un coup énorme a été porté sur la capacité des citoyens à véritablement reprendre en main leur destin.

Frédéric Le Quer