L’homme et l’animal

Par Jeudi 16 avril 2015 Permalink 28

L’homme est un loup pour l’homme. Oui, sans aucun doute, tout le démontre tous les jours. Mais ce qui est peut-être pire c’est que l’homme est un loup pour les autres espèces, celles qui ne sont pas lui et entre autres pour l’animal. Deux faits divers fondamentalement différents, relatés dans la presse actuellement, ont une convergence: le remède trouvé.

Le premier est la mort tragique d’un jeune surfeur à l’île de La Réunion. En pratiquant son sport celui-ci a été attaqué et tué par des requins particulièrement nombreux dans cette partie de l’océan Indien. Le second est l’attaque par une meute de loups d’une vingtaine de brebis à la lisière d’un village des Alpes Maritimes. Dans les deux cas, l’explication donnée est l’absence de prédateurs pour réguler la prolifération, nous dit-on, de ces animaux meurtriers.

Alors, bien sur, les politiques s’en mêlent et les animaux ne votant pas, ils dénoncent avec virulence l’incompatibilité de ces bêtes forcément nuisibles à vivre sur le même territoire que l’homme. Evidemment l’idée n’est pas de nous faire reculer  mais d’éradiquer les espèces s’opposant soit à notre bien-être, soit à notre modèle économique. A chaque fois la solution trouvée est d’abattre les animaux pour consolider l’espace vital des humains. Nous jouons alors avec délectation le rôle du prédateur qui n’était pas attribué.

Quelle triste espèce sommes-nous donc à voir notre tranquillité que dans l’isolement et l’extermination de l’autre! Toute contrainte est de moins en moins acceptée. L’hédonisme est mal compris quand il devient l’excuse pour le combat contre ce qui se met en travers de notre existence sans la moindre discipline de notre part.

Quand il devient impossible d’admettre toute forme de vie différente de la nôtre, notre existence propre n’est plus vraiment justifiée car elle devient une gêne incompatible avec toutes les autres. Certains s’inquiètent d’une dérive en cours qui risque de voir la planète habitée un jour par des robots. C’est peut-être la solution pour les autres espèces la composant!

Frédéric Le Quer