L’exercice du pouvoir

Par Vendredi 12 septembre 2014 Permalink 18

L’exercice du pouvoir envisagé et pratiqué par François Hollande et le gouvernement Valls est une manœuvre pédagogique tendant à expliquer la raison de leur présence aux affaires de l’état. Ils se méprennent car ce n’est pas ça mais un engagement volontariste issu de l’arbitrage politique. Toutefois quand l’indécision et le manque de courage dominent, seule la langue de bois permet encore d’exister.

« Les français ont besoin de mieux comprendre le sens de notre politique » implorait hier le premier ministre. Si des choix politiques venaient couronner une pensée précise, articulée sur le devenir d’un pays, la population serait à même de comprendre la trame qui se dégage de l’action gouvernementale. En revanche quand les hésitations, les renoncements, les marches arrières émaillent deux années de pouvoir, ce n’est pas aux français de « mieux comprendre » mais aux dirigeants de savoir ce qu’ils veulent faire car ils ont besoin urgemment de donner un sens à leur politique.

La France n’a plus de bons choix possibles. Toutes les décisions heurteront et seront même susceptibles de grands mouvements populaires. « Rien ne marque tant le jugement solide d’un homme que de savoir choisir entre les grands inconvénients », écrivait ce frondeur de Cardinal de Retz dans ses Mémoires. L’honneur d’un chef, qui plus est d’état, est de ne pas laisser les autres décider pour soi, il est de choisir, trancher, toujours,  coûte que coûte!  Mais l’impression des français est celle d’un « pouvoir » (le mot appliqué à François Hollande et au gouvernement est en soi risible!)  qui attend que des instances supranationales imposent ce qu’elles veulent faire. Que d’autres décident devient un objectif!

La paix sociale est garante de l’irrésolution des décideurs. Elle est obtenue avec des largesses que la France ne peut absolument plus s’offrir. L’accroissement du déficit public un moment donné s’arrêtera car il est comme l’illusion, le mirage passager que s’offre le toxicomane grâce à son injection. Soit le gouvernement pense qu’à terme la dette sera restructurée, soit il s’attend à la rembourser en monnaie de singe, soit il ruine sciemment les générations futures pour son petit intérêt présent, la dernière hypothèse n’étant absolument pas à exclure…

Qu’on ne s’y trompe pas, le diktat de Bruxelles ira dans le sens de l’idéologie actuellement dominante; l’ultra libéralisme avec ses corollaires la libre concurrence et la flexibilité du travail va finir par s’imposer à cette majorité qui se disait de gauche. Ce n’est d’ailleurs pas forcément un mal tant la société française est sclérosée, tant il serait bon de la secouer et rebattre les cartes des profiteurs de tout poil, de ceux qui se contentent des allocations distribuées gracieusement pour ne rien faire à ceux largement rémunérés dans des sinécures offertes par l’état; mais cette perte d’autorité politique de nos dirigeants, faite de lâcheté  et de couardise les criminalise et les rend indigne aux affaires.

Le pouvoir est l’affaire de tous. L’abandon de la souveraineté populaire mène inéluctablement à la tyrannie. La survie de la nation française se joue maintenant.

Frédéric Le Quer


 

 

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