L’éviction de Philippot: un renouveau souverainiste

Par Mardi 19 septembre 2017 Permalink 1

Florian Philippot joue actuellement sa tête au Front National en tentant de faire passer ses idées en force. Le débat est intéressant car il transcende la question de personne et il fait de l’ombre à une dirigeante qui est reprise en main par les fidèles de son père. A quoi aboutira cette révolution de palais? La souveraine, Marine, sera-t-elle détrônée?

Evidemment, elle ne le sera pas. Son risque est de voir son parti cornerisé, réduit à ce qu’il était lors de l’ascension au pouvoir de Sarkozy, et encore, car au niveau souverainiste, patriote, les choses bougent. Chacun comprend que le nom Le Pen est un boulet. Des économistes comme Jacques Sapir, des hommes politiques comme Dupont Aignan ou Philippot, une grande partie des soutiens populaires des Républicains sont sur la voie du regroupement. Il semble possible que sans Les Le Pen et leurs affidés, la composition d’un ensemble souverainiste cohérent soit possible. Les mois qui viennent vont démontrer que la seule offre de l’Union Européenne est plus d’austérité et plus d’immigration. Dans ces conditions la question de l’€ va revenir sur le tapis. Traitée avec compétence, les lignes dans le peuple français vont changer. Celui-ci a de tout temps été versatile.

Pour parler clair, il faut aussi arrêter de faire peur aux noirs et aux arabes en France. Un souverainisme bien compris chez des gens devenus fondamentalement français est tout aussi à leur avantage qu’aux autres puisque la république est une et indivisible. La folie migratoire actuelle leur nuit tout autant. L’Europe ne leur apporte rien sinon de les mettre en concurrence avec les travailleurs de l’est aujourd’hui et les travailleurs du Maghreb puis du Sahel qu’ils ont fui pour des raisons économiques, demain. Avec le Front National souverainisme continue de rimer avec racisme qu’on le veuille ou non. Il faut donc offrir une autre voie au patriotisme, lui ôter les oripeaux dont Jean-Marie Le Pen n’a cessé de l’affubler.

Le moment actuel est crucial. Si Philippot quitte le Front National et c’est souhaitable, le clivage souverainisme versus mondialisme va revenir sur le devant de la scène dans le cadre de la recomposition de la vie politique. Les médias s’ingéniaient jusqu’à maintenant à montrer qu’il s’agissait d’une lutte entre les bons (les européistes) et les méchants. Mais une alliance forte peut naître et accéder un jour au pouvoir en montrant que la mondialisation ultralibérale imposé n’est pas un horizon indépassable mais la pire des options.

Frédéric Le Quer