L’euroscepticisme en vogue

Par Mardi 8 septembre 2015 Permalink 24

L’euroscepticisme prend au fil des mois et des années une importance de plus en plus considérable chez les citoyens et par voie de conséquence dans une partie de la classe politique. La crise économique sape la confiance des pays les plus europhiles comme les Pays Bas et de plus en plus de leaders, qualifiés de populistes pour les discréditer, déclarent vouloir protéger leur pays de l’Europe, de l’immigration de masse et du super-État.

Bien sûr, il y a les anglais! David Cameron, embarqué dans sa promesse de référendum sur la sortie de l’Union Européenne est en train d’être pris à la gorge par ceux qui réellement veulent aboutir à cette solution. Si le premier ministre fanfaronne et bluffe pour obtenir pour la Grande Bretagne toujours plus de dérogations et d’avantages, son jeu devient particulièrement dangereux. La question posée sera neutre, la campagne électorale devra durer au moins quatre semaines et surtout le gouvernement devra se taire sur le sujet pendant celle-ci. Autant de décisions déjà prises ou à venir, puisque le gouvernement a été mis en minorité hier sur le sujet, qui favoriseront l’équité des débats et devraient amener le pays à quitter l’UE d’ici deux ans. Sur le continent, beaucoup s’en féliciteront pour faire contre mauvaise fortune, bon cœur, mais c’est d’un véritable cataclysme institutionnel dont il s’agira.

Les pays d’Europe centrale ne sont pas loin de cette logique avec par exemple la Hongrie, en fer de lance, où l’euroscepticisme y est aujourd’hui la position officielle.  Le peuple pense que sa patrie a perdu sa souveraineté et qu’un nouvel empire a supplanté l’Union soviétique. Ce qui arrive avec les migrants risque de devenir la goutte d’eau qui fait déborder la vase… Le mécontentement est à son comble! Les tchèques ou les slovaques sont dans le même état d’esprit. Les pays du sud sont en train d’évoluer parallèlement au discrédit de leur classe politique. Les élections espagnoles et portugaises dans quelques semaines s’annoncent déstabilisatrices pour la classe politique souvent corrompue et liée à Bruxelles.

En France, l’euroscepticisme gagne l’opinion malgré la chape de plomb que les médias font peser sur la question. Le soi-disant élan de sympathie qu’aurait la population envers les migrants ne trompe personne. Les gens se sentent abandonnés par des dirigeants perdus dans leur idéologie mondialisante. Leur cote de popularité est au plus bas! En plus du Front National, un front mené par un économiste, Jacques Sapir, tente de voir le jour pour promouvoir le courant de pensée europhobe de plus en plus partagé en dehors du parti de Marine Le Pen. La crise économique en ne se résolvant pas accentue des inégalités de moins en moins tolérées voyant l’appauvrissement continu de la classe moyenne.

C’est un tournant important qui se joue en ce moment en occident. L’étincelle sera une nouvelle crise économique intervenant avant que celle des subprime ne soit véritablement réglée. Le compte à rebours a commencé.

Frédéric Le Quer