L’Europe comme des cabris

Par Lundi 29 septembre 2014 Permalink 15

L’Europe est une illustre civilisation perdue dans la mondialisation. Elle est incapable de se protéger, de surveiller ses frontières, d’avoir une politique étrangère indépendante, d’avoir sa propre politique économique. L’Union Européenne eut pu être un empire, mais à force de soumission, elle n’est rien.

Son échec contraint à revenir de manière éclairée vers une Europe des nations. La barrière des langues n’a jamais été levée. La défense commune qui sanctionne la souveraineté d’un territoire n’a jamais été réalisée. La zone euro est une machine à appauvrir les citoyens. Aucun processus d’acceptation mutuelle n’a permis aux ressortissants de se sentir européens. Le sentiment nationale s’exacerbe même avec la crise. Non seulement la fraternité entre les peuples du continent est un leurre, mais surtout avec l’appauvrissement de certains pays une animosité voit le jour entre ceux qui s’en sortent et ceux qui chaque jour s’enfoncent davantage.

Les populations des pays les moins riches s’accrochent à l’euro comme à une bouée de sauvetage le croyant garant de leur pouvoir d’achat. Mais le conserver leur coûte en fait très cher. L’impôt et la baisse des revenus compensent l’impossible dévaluation tout en accentuant le chômage car ce qui est réalisé est toujours moins prégnants sur l’économie que l’eut été une dévaluation de la monnaie. Mais le pauvre est fier d’avoir des euros-mark! L’Italie est à ce sujet un bon exemple car sa prospérité passe probablement par la sortie de l’€. La France, elle, préfère s’en prendre à l’Allemagne pour lui reprocher sa propre incurie!

Le désastreux espace Schengen fait de l’Europe la base de repli de toute la misère du monde. Aucun pays européen n’est désormais à l’abri de l’envahissement sans que la population concernée n’ait eu son mot à dire. La protection aux frontières n’existe pas. La France en plus des deux cent mille étrangers non européens qu’elle accepte sur son sol chaque année régularise pratiquement sans contrôle tous ceux en situation irrégulière. Si cet exemple est particulièrement extrême, il n’en reste pas moins que d’autres pays s’inquiètent du changement de population en cours. L’Europe s’est empêtrée dans un espace qui fait d’elle une zone d’insécurité.

La défense commune est particulièrement irréaliste. Des intérêts géostratégiques divergents interdisent tout accord au sein de l’Union Européenne. Quand l’Allemagne regarde vers l’est et son contingent de travailleurs à bas coût qui motive actuellement sa politique anti Poutine, la France est orientée vers le sud ce qui l’incite à s’engager toujours plus avant dans les conflits liés à l’Islam. Par ailleurs, les Etats Unis imposent leurs choix et décident dorénavant pour des européens systématiquement alignés.

Les pertes de souveraineté nationale ne sont pas compensées par des avantages supplémentaires pour les citoyens. L’Europe est un patchwork de valeurs mais en aucun cas une nation. Un sentiment unitaire reste exclu compte tenu des intérêts divergents de chaque pays quelque soit le domaine. L’Union Européenne se voulait une machine à fédérer, elle apparaît comme un boulet en contraignant la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Frédéric Le Quer


 

 

15