L’Etat Islamique

Par Lundi 15 septembre 2014 Permalink 25

Les dirigeants français se veulent en première ligne pour combattre l’Etat Islamique. Des considérations de politique intérieure qui étaient déjà intervenues au Mali, sont encore là omniprésentes: D’abord lutter contre des salafistes qui essaiment sur le territoire français et mettent en péril ni plus ni moins que la sécurité nationale, ensuite fuir la crise économique par des grandes campagnes guerrières, manœuvres dilatoires utilisées en tout temps.

Les salafistes sont des gens pour qui la décroissance est un euphémisme puisque l’objectif avoué est un retour aux sources de la foi qui date du septième siècle de notre ère! L’Islam étant plus qu’une religion, une politique,  Israël et l’occident sont leurs ennemis. Evidemment le droit des femmes ou des minorités sont des concepts qui leur sont totalement étrangers. L’Etat Islamique a une cotation pour la femme captive; elle est actuellement  de 150$!

L’Etat Islamique a commencé par être financé par l’Arabie Saoudite et des émirats comme le Qatar. Leur sunnisme à tous favorise leurs relations bien que dans cet orient compliqué les liens ne soient pas toujours cordiaux et la famille désunie! Depuis la prise de Mossoul, ville irakienne d’environ un million d’habitants, avec aux alentours des puits de pétrole et un dynamique marché agricole, des actifs de l’ordre de deux milliards de dollars seraient en la possession de ce nouveau pays pour le moment à cheval sur l’Irak et la Syrie. Il devient ainsi indépendant de ses anciens pourvoyeurs de fonds qui un peu agacés par son  jusqu’au-boutisme vont en apparence au moins aider l’occident à le combattre.

Ces djihadistes sunnites se veulent une autorité religieuse donc politique sur  les musulmans partout dans le monde. Toujours en mal d’insertion en France, l’attrait est fort pour les immigrés, ou leurs enfants, ou leurs petits enfants, , d’épouser cette cause. 15% des français d’après un institut de sondage anglais sont favorables au nouvel état, deux fois plus qu’en Grande Bretagne. Il y a environ dix millions de musulmans dans l’hexagone.  Ils étaient d’après Matignon huit cents en juillet à être partis en Syrie, ils seraient largement plus du double maintenant. Leur éventuel retour est une menace pour la sécurité partout en Europe, à tel point que  l’Allemagne, beaucoup moins touchée que la France, a décidé de participer à cette guerre par l’envoi d’armes.

Malgré tout, les Etats Unis restent réticents et il est pour l’instant hors de question qu’ils aillent plus loin que des attaques aériennes en apportant une aide aux kurdes, population particulièrement victime des exactions des djihadistes, dont le territoire est devenu de fait indépendant de l’Irak. L’expérience des deux dernières guerres d’Irak et de celle d’Afghanistan reste un traumatisme mais les meurtres médiatisés de leurs deux ressortissants les poussent à ne pas rester inactifs.

Le gouvernement français se met donc particulièrement en avant avec une politique étrangère dont il n’a absolument pas les moyens. De là à penser que c’est justement parce qu’il n’en a pas les moyens qu’il se met en avant, il n’y a qu’un pas… Enferrée dans sa politique migratoire la France se retrouve le premier pourvoyeur occidental de contingents musulmans pour l’Etat Islamique. Par ailleurs la situation économique et sociale est catastrophique. La pauvreté et la crise identitaire vont être ravageurs pour le pays. Et alors que notre pouvoir politique ne maîtrise plus rien, le risque de guerre civile n’est plus du tout à écarter.

Frédéric Le Quer


 

 

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