L’Espagne, un bon exemple

Par Vendredi 13 mars 2015 Permalink 25

Les médias français se gargarisent de la soi-disant réussite économique de l’Espagne et du succès de la politique de rigueur décidée par la troïka. Le rire serait la meilleure des réponses à cette propagande mensongère si le bourrage de crâne institutionnalisé en faveur de l’Union Européenne ne remettait pas en cause rien de moins que l’idée même de démocratie occidentale.

Tout est entrepris pour décrédibiliser les partis ne ressentant pas pour Bruxelles l’adoration dont il est dorénavant bon de se prévaloir pour avoir au moins la chance de ne pas être dénigrer à longueur de journée par un journaliste, un éditorialiste, un intellectuel ou se proclamant tel, ayant phagocyté les écrans de télévision ou les colonnes de journaux. Le cas de Podemos est intéressant car il a, d’une certaine façon structuré, politiquement le mouvement populaire spontané qui était celui des Indignés.

Sa légitimité venant d’un courant de pensée issu de la base est donc incontestable pour les espagnols. A cause de cela, il est absolument honni par les partis gouvernant chacun leur tour, Parti Populaire ou Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, pour grosso modo faire toujours pareil! La médisance va bon train et puisque l’histoire, le passé du parti ne peut être attaqué du fait de sa jeunesse, c’est son présent et son futur éventuel, envisagé, supputé que les caciques se chargent de discréditer à l’avance. Podemos est alors accusé de vouloir en finir avec le régime apparu après la mort de Franco, de vouloir fragiliser l’unité espagnole en permettant aux catalans de disposer d’eux-mêmes, de s’autodéterminer comme si la démocratie n’était justement pas faite pour ça, et enfin comble de l’ignominie, d’avoir tissé des liens idéologiques et financiers avec le régime chaviste du Venezuela! Ça rappelle quelqu’un accusé pour avoir été financé par une banque russe…

A l’heure où les islandais disent non merci à l’Union Européenne, à l’inverse à l’heure où les grecs capitulent après avoir juste réussi à faire changer le nom de la troïka, pendant la crise bancaire et financière autrichienne, avant la crise économique italienne qui s’annonce, les pressions sont terribles pour enraciner les peuples dans l’asservissement à un pouvoir lointain ignorant leurs besoins. Les litanies de contre-vérités entendus à longueur de temps finissent par laisser des traces. Malgré elles, impossible de ne pas constater que les inégalités n’ont jamais été aussi grandes. La situation espagnole donne l’exemple de mille quatre cents familles détenant 80% de l’économie ibérique alors que parallèlement plusieurs générations sont en train d’être sacrifiées sur l’autel d’une reprise qui ne les concerne pas.

Insécurité, inégalité, précarité, voilà donc la nouvelle devise européenne qui s’impose à chacun comme naturelle par des moyens de pressions psychologiques tendant à complexer ceux qui aspirent à autre chose. L’heureuse destinée des peuples unis est aux oubliettes. Il s’agit maintenant d’assurer une longue vie à quelques familles dominantes au mépris des rêves de tous les autres.

Frédéric Le Quer